Bataille pour un trône

C'était pas ma guerre !

Rambo number five

 

Avant même de commencer, l’édition  2016 de Battleground entrait dans l’Histoire. Premier PPV de la nouvelle ère, premiere grande soirée payante après le révolutionnaire Draft (événement mondialement suivi et brillamment résumé dans cet article écrit  ainsi que dans ce remarquable podcast). Mais aussi dernier show où les rivalités faisaient fi de la composition des rosters. Ce soir là, c’était la dernière occasion de briller par soi même, avant de rentrer dans le moule de sa division. C’était aussi le théâtre de la guerre autour de la ceinture mondiale. Qui de Stephanie Mc Mahon pour Raw ou de son frère pour Smackdown allait récupérer le champion ? La nuit ne manquait pas d’enjeu.

 

 

Ni de prestige.

 

 

Nalyse de WWE Battleground 2016

 

C'était pas ma guerre !

Rambo number five

 

Avant même de commencer, l’édition  2016 de Battleground entrait dans l’Histoire. Premier PPV de la nouvelle ère, premiere grande soirée payante après le révolutionnaire Draft (événement mondialement suivi et brillamment résumé dans cet article écrit  ainsi que dans ce remarquable podcast). Mais aussi dernier show où les rivalités faisaient fi de la composition des rosters. Ce soir là, c’était la dernière occasion de briller par soi même, avant de rentrer dans le moule de sa division. C’était aussi le théâtre de la guerre autour de la ceinture mondiale. Qui de Stephanie Mc Mahon pour Raw ou de son frère pour Smackdown allait récupérer le champion ? La nuit ne manquait pas d’enjeu.

 

 

Ni de prestige.

 

 

Nalyse de WWE Battleground 2016

 

 

Préshow : The Usos Vs Breezango

 

A la WWE, les levers de rideau se suivent et ne se ressemblent pas. Parfois il s’agit de matchs décisifs pour un titre secondaire, parfois il s’agit d’achever une rivalité de lowcard. Ce soir, les scénaristes n’ont même pas cherché à nous pondre une quelconque histoire : les jumeaux Samoans affrontent les deux narcissiques à paillettes parce que bon. Les deux équipes ont des parcours assez opposés : les Usos sont là depuis longtemps, ont connu les sommets de la popularité et ont livré des matchs extraordinaires ces trois dernières années avant de sombrer petit à petit en bas de carte. Leurs adversaires du soir sont au contraire tout récemment en duo et n’ont jamais eu vraiment l’occasion de briller, confinés à des segments ridicules. Leur passif rendrait l’affrontement déséquilibré, mais non.

 

 

Tiens, Fandango, prends toi ça, la tête dans l'cul !

– Attends la fin du match, tu verras qui l'auras dans le…

 

 

En effet, à la suite d’un match qui fut ma foi fort correct, prouvant le talent des quatre bonhommes sur le ring, les méchants profitent d’un coup perfide pour remporter la mise. Fandango, alors non légal, gêne un Uso perché sur le sommet des cordes. Breeze réceptionne le Samoan sur les genoux avant de lui bloquer les épaules. Victoire des maîtres du selfie, qui permet d’espérer pour eux une place plus solide sur la carte. Ce serait mérité, mais l’avenir pour les battus risque d’être un peu plus morne. Je crains de les voir naviguer sans grand fil conducteur pendant plusieurs mois.

 

 

SHOW PRINCIPAL

 

Women TagTeam match : Charlotte & Dana Brooke Vs Sasha Banks & ???

 

La soirée televise commence fort avec cette bataille à quatre femmes. La championne et sa protégée sont convaincues que jamais Sasha ne trouvera une partenaire. Mais la Boss a trouvé. Et à vrai dire, tout le monde se doutait de qui il s’agirait. Même si le choix paraissait trop évident, s’il était encore possible de voir surgir Paige, Naomi ou Nikki Bella, la WWE ne pouvait pas décevoir le public qui s’était mentalement préparé à l’explosion de couleurs.

 

 

IT’S… BAYLEY !

 

 

L’ancienne championne NXT, celle qui fut pourtant le bourreau de Banks dans la division jaune, débarque enfin dans un PPV. L’accueil de la foule est extraordinaire et le grand sourire qui couvre le visage de la Boss en dit long. Mais les méchantes sonnent vite la fin de la fête en agressant les gentilles. Le match commence, sérieux et appliqué. Les coups de latte, les coups de genoux, les soumissions pleuvent. Les quatre filles font du bon travail. Bayley sauve sa copine d’un Natural Selection létal avant de neutraliser Dana Brooke. Sasha a alors tout le loisir de coincer Charlotte dans le Banks Statement pour faire abandonner la championne. Sous une explosion de joie, les gagnantes se câlinent. Belle image pour un début de show réussi.

 

 

Ha, elle a bon dos la division féminine !

 

 

TagTeam War : New Day Vs Wyatt family

 

On reste dans les équipes mais on passe chez les hommes et l’on gagne un participant de chaque côté. Voici le dernier épisode de la guerre entre les excentriques New Day et les effrayants Wyatts. Après le très controversé segment dans l’antre des barbus, les six hommes vont en découdre sur le ring. C’est l’ultime partition de la famille de tarés qui sera séparée par le truchement du Draft. Quant aux champions, ils le resteront quoi qu’il arrive : personne ne semble s’intéresser à leurs breloques cuivrées. L’enjeu de la rencontre reste donc assez limité même si elle marque une opposition d’univers assez intéressante.

 

 

Ce gros costaud barbu, c’est pas un Dresseur Montagnard ?

 

 

Evidemment, les pignes pleuvent et les Wyatts font parler leur puissance. Bray est toujours impressionnant dans ses Clotheslines, Strauman est un monstre mais en face les champions font parler leur vivacité. Question force pure, Big E n’est pas non plus en reste et fait jeu égal avec Rowan. A la fin d’une belle bataille, Xavier Woods, pourtant fasciné par Bray Wyatt, se rebelle contre le gourou et semble même sur le point de prendre le dessus. Malheureusement, la sœur Abigail coûte la victoire au trio positiviste.

 

 

Bray a tout de même été séduit par le style capillaire de Kofi Kingston.

 

 

USA Championship : Rusev © Vs Zack Ryder

 

C’est une somptueuse Lana qui déverse sa morgue sur le public pour annoncer l’entrée de son chanceux mari.

 

 

Il est champion des USA. Il gagne cent fois plus que vous. Et en plus, il fait régulièrement acte de sexualité dans mon corps. Ça va, vous le détestez bien, là ?

 

 

Face à la brute bulgare, le Long Island-IZ fait valoir sa popularité et sa vitesse. Si le challenger fait mieux que se défendre, et menace à plusieurs reprises la dominance de l’ancien Alexandr, le final ressemble à tant d’autres. Rusev crush, et l’Accolade fait plier l’ex Internet champion. Probablement déçu d’avoir fini le job si vite, le vainqueur continue sa destruction après la cloche.

 

 

Allez, tu vas bien rester un ptit peu Zack ? On va pas s’quitter comme ça ?

 

 

Cette petite séquence de violence gratuite est tristement interrompue par l’arrivée furieuse de Mojo Rawley, transfuge d’NXT et ancien partenaire de Ryder. Sans oser lever la main sur le champion d’Europe de l’est, le Hype Bro l’invective et vient récupérer les restes de son copain. Rusev s’en fout. Ces deux zigotos vont à Smackdown tandis que lui rejoint l’écurie rouge, il sait bien que cette histoire est déjà derrière lui. Après avoir dégommé deux jobbers de carrière durant son début de règne, il espère secrètement que quelqu’un de plus intéressant se penchera sur son cas.

 

 

Sami Zayn Vs Kevin Owens

 

Entre les deux Canadiens, il est question de pure haine, intense, ancienne et incontrôlée. Depuis que Sami a quitté NXT, il n’a eu de cesse de retrouver son ancien ami sur son chemin. Après une première violente bataille gagnée par Owens il y a deux mois, les rivaux se retrouvent.

 

 

–  Sale Québecois !

– C’est toi le sale Québecois !

– Messieurs, messieurs, essayez d’être plus intelligents que ça.

 

 

Il n’y a pas grand-chose à dire à ces deux garçons : ils savent très bien ce qu’ils doivent faire. Chacun de leur affrontement est un pur régal est celui-ci est peut être le meilleur. Car plus le temps passe, plus Zayn sait comment contrer la violence de KO. Finie l’époque où il se faisait désarticuler pour le titre NXT. Aujourd’hui, le rouquin a du répondant. Les rivaux se connaissent par cœur : parfois ils se contrent avant même qu’on ait pu comprendre quelle était la prise tentée. Les spots les plus spectaculaires s’enchainent, au grand régal de la foule conquise.

 

 

Je vous préviens, je vais le tuer.

Ouéééé ! Fight for ever !

 

 

Poussé dans ses limites, énervé par une telle résistance, Owens met la gomme. Il réussit à détruire son adversaire de sa puissante Powerbomb, mais Sami se relève. Furieux, Kevin crie à Zayn de « stay down », une phrase désormais célèbre mais qui sort l’ancien Steen du match. Il encaisse alors un premier Helluva Kick, mais le public en réclame un autre. Zayn coince les bras de son opposant dans les cordes, réitère sa prise ultime, et remporte le match qui a conquis la foule et les téléspectateurs du monde entier.

 

 

Attention, celle là je sens qu’elle risque de mal finir.

 

 

Natalya Vs Becky Lynch

 

Après un affrontement si intense, les synapses des suiveurs de la WWE sont sursaturées en adrénaline. Le temps de digérer tout ça, les scénaristes nous envoient un match féminin sans grand intérêt que j’ai personnellement zappé, malgré toute l’affection que j’ai pour l’Irlandaise. En plus, c’est même pas elle qui gagne.

 

 

Intercontinental Championship : The Miz © Vs Darren Young

 

L’arrivée de Bob Backlund en tant que manager de Mister No Days Off va-t-il comme promis le rendre great ? J’ai du mal à ajouter le mot again car je ne me souviens pas d’avoir vibré pour l’ancien membre du Nexus à une époque.

 

 

Une demande prémonitoire.

 

 

Challenger au titre Intercontinental que le couple showbiz détient jalousement, Darren a une chance en or pour relancer sa carrière. Malheureusement pour lui et pour nous, il la rate. Le match est ennuyeux et brouillon. Le Miz n’est pas assez bon entre les cordes pour porter le combat à lui tout seul et on s’y prend à bailler. La fin arrive heureusement assez vite, mais elle enfonce encore le niveau de la rencontre : Bob Backlund se prend le bec avec Maryse, le mari de cette dernière vient à son secours et attaque le vieux. Cela provoque la colère du « John Cena noir » qui porte sa prise de soumission sur le Miz à l’extérieur du ring. L’arbitre incompétent décide pour une raison connue de lui seul de sonner l’arrêt du match. Personne ne comprend vraiment ce qui s’est passé, mais il semble que le challenger soit disqualifié pour avoir placé une prise de catch à son adversaire. Bon. Certes.

 

 

Putain j’ai rien compris. C’est moi qui suis con, ou c’est l’arbitre ?

 

 

John Cena & SAWFT Vs The Club

 

La guerre entre AJ Styles et John Cena a commencé un mois auparavant et le dream match tant attendu avait été volé par l’intrusion du Club. Il n’y aura pas directement de revanche entre les deux hommes. Ayant assimilé la présence permanente d’Anderson et Gallows aux côtés du Phenomenal One, le Marine a recruté les savoureux comiques de SAWFT.

Enzo Amore et Big Cass sont les petits nouveaux du grand bain mais ils ont l’air d’être nés là dedans tant ils sont à l’aise. Face à la salle comble de Washington DC, le Bonified G délivre une promo proprement hilarante et charismatique. La foule entonne « How you doin’ ? » avec ses nouveaux chouchous.

 

 

– AJ Styles et ses copains ont des tronches de gros pas beaux qui puent !

– HOW YOU DOIN !

– Merde, moi quand je dis des choses comme ça on me répond que je suck…

 

 

Après le florilège d’invectives des Realliest guys, le combat commence. L’harmonie catchesque des deux anciens d’NXT marche à merveille, le grand Cass se servant de son copain comme d’un projectile.

 

 

Shym Style !

 

 

Malheureusement, les méchants reprennent vite le dessus et de longues minutes de souffrance s’écoulent pour le Certified Stud. Enzo finit par sortir la tête de l’eau et obtenir un changement. Tous les participants du match ont droit à leur instant de domination, mais le summum est atteint lorsqu’AJ Styles et John Cena se retrouvent face à face. Au vrai, l’éclaboussant charisme des SAWFT avait presque fait oublier les deux vraies stars de l’affiche. Leur talent nous le rappelle vite. Styles contre une tentative d’AA en assommant Cena d’une bicyclette arrière façon Lilian Laslandes. Le chaos s’ensuit, le Marine survit à un Styles Clash après être passé par-dessus une table et réussit à passer un second Attitude Adjustement, ce coup ci depuis la troisième corde. Styles ne s’en relève pas : victoire de l’improbable trio.

 

 

Styles est capable de catcher les yeux fermés. Mais c’est pas une très bonne idée.

 

 

Highlight Reel with Randy Orton

 

L’action retombe un petit peu le temps que tout le monde reprenne son souffle. Chris Jericho en profite pour interviewer celui qui revient de neuf mois d’absence et qui s’apprête à relever un immense défi en la personne de Brock Lesnar. La Vipère, Randy Orton, fait enfin son retour et en est visiblement très content. Bien entendu, les deux hommes se taquinent mutuellement sur de nombreux tableaux. Y2J est persuadé que son invité ne fera pas long feu face à la Bête, mais Orton rappelle sa réputation de Legend Killer et promet de trainer le Minotaure jusqu’à Viperville. Il se permet une petite pique envers la récente révélation de dopage de Lesnar, bien placé qu’il est pour en faire une remarque. Après avoir joué avec les nerfs de Jericho à plusieurs reprises en simulant un début de RKO, ce qui devait arriver arrive.

 

 

Coucou me revoilou !

 

 

WWE Championship : Dean Ambrose © Vs Seth Rollins Vs Roman Reigns

 

La guerre du Shield a lieu ce soir. Symbole fort, la rencontre entre les trois hommes est aussi l’ultime chance pour Raw de récupérer le titre mondial actuellement dans le giron du show bleu. Les différents managers et commissionnaires font d’ailleurs le déplacement en bord de ring pour l’occasion.

 

 

– J'y vais, j'y vais pas ?

– Ha fais pas le con, Daniel, ça nous coûte assez cher à chaque fois.

 

 

Sur le tablier, le favori de la foule n’est décidément pas Roman Reigns, de retour après un mois de suspension. Son ancien copain désormais champion récolte l’ovation de la soirée. Sur le papier, avec deux membres contre un, Raw a toutes les chances de glaner la ceinture, mais les deux membres du show rouge n’ont visiblement pas été briefés car Roman commence d’entrée par s’acharner sur l’Architraître.

Lors d’un super enchainement, un Spear de Reigns est contré par un coup de pied d’Ambrose, qui reçoit lui-même un kick de Rollins dans la tempe, avant de rebondir dans les cordes pendant que le Chacal encaisse un Superman Punch, pour finalement coucher le Samoan de sa Clothesline. De la belle ouvrage.

 

 

Attation, un deux trois, c'est Roman le chat ! Tabassons le.

 

 

En honneur au passé, Seth et Dean s’allient pour placer une Powerbomb à leur ancien copain à travers la table des commentateurs… Avant que le Chacal ne saisisse une chaise pour exploser le dos du Lunatic. Reigns survit ensuite à un premier Pedigree. Le deuxième ne passe pas et est contré en Spear. Prêt à couvrir son vis-à-vis, le beau Roman ne voit pas venir Ambrose qui le saisit dans un Dirty Deeds. Inconscient, Rollins ne peut intervenir. Le champion conserve son bien à l’issue d’une guerre spectaculaire.

Tous les employés de Smackdown rejoignent alors le ring pour porter en triomphe leur leader, même les Usos au nez de leur cousin martyrisé.

 

 

Il est là l'bonheur, il est là.

 

 

Du côté de Stephanie et Mick Foley, ça tire grave la gueule. Un match statistiquement à leur portée leur échappe. Mais c'est bien normal. Qui se soucie réellement de savoir dans quel show atterrira la ceinture, lorsqu'on assiste à une affiche légendaire tant espérée depuis des années ? Le plus grand gang de l'Histoire du catch s'est retrouvé l'espace d'un match spectaculaire et rempli d'émotions. Au regard du passé commun des trois hommes et de leur impact sur le monde du catch depuis leurs débuts, l'attribution de la ceinture à un show n'a finalement que peu d'importance. Dean Ambrose a survécu à la guerre intestine, mais chaque ancien membre du Shield a brillé ce soir.

 

Ce main event a conclu en beauté une soirée dont on attendait beaucoup, dont on pouvait craindre le pire, et pour laquelle la WWE s'est bien débrouillée. Oublions le match de Natalya ainsi que la ridicule issue du trophée Intercontinental. Les débuts de Bayley, l'exceptionnel match de Zayn et d'Owens, les deux plaisantes guerres à trois contre trois et ce final mémorable suffisent à faire de Battleground un PPV réussi.

 

 

Une belle soirée pour tout le monde.

 


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