La nuit des challengers

C’est la dernière épreuve, c’est le Mur des Champions !

Robert Würtz à Intervilles

 

Nuit des champions kidizaient. Nuit des héros et des légendes. Mais ce dimanche soir à Houston, les champions ont eu plus d’un problème. Au cours de cette soirée, les cartes ont été rabattues : un seul détenteur aura remporté son match. Ce que l’on attendait tous avec impatience et curiosité, c’était la double confrontation de Seth Rollins : pour la première fois dans l’histoire de la WWE, un homme détenait simultanément les ceintures de champion des USA et de champion du monde. Double succès, double triomphe, donc double défense. Le chacal bicolore a-t-il réussi son pari ? Tout cela et bien d’autres choses dans cette nalyse d'un show visionné en VF devant AB1 et le duo Agius-Chéreau.

 

 

On va se poiler, huhu !

 

 

Nalyse de Night of Champions 2015

 

C’est la dernière épreuve, c’est le Mur des Champions !

Robert Würtz à Intervilles

 

Nuit des champions kidizaient. Nuit des héros et des légendes. Mais ce dimanche soir à Houston, les champions ont eu plus d’un problème. Au cours de cette soirée, les cartes ont été rabattues : un seul détenteur aura remporté son match. Ce que l’on attendait tous avec impatience et curiosité, c’était la double confrontation de Seth Rollins : pour la première fois dans l’histoire de la WWE, un homme détenait simultanément les ceintures de champion des USA et de champion du monde. Double succès, double triomphe, donc double défense. Le chacal bicolore a-t-il réussi son pari ? Tout cela et bien d’autres choses dans cette nalyse d'un show visionné en VF devant AB1 et le duo Agius-Chéreau.

 

 

On va se poiler, huhu !

 

 

Nalyse de Night of Champions 2015

 

 

Le kilavu kick-off

 

Pardonnez votre chroniqueur, désormais je suis habitué aux PPV à la sauce AB1,  et je n’ai donc pas visionné le préshow qui voyait une équipe virevoltante composée des Lucha Dragons et de Neville affronter le Cosmic Wasteland, formé de Stardust et de l’Ascension. Ces derniers l’ont emporté. Peut-être le début d’un retour en grâce pour les affreux d’NXT.

 

 

Non j’ai pas vu le match, visiblement j’ai rien raté.

 

 

Rivalité littéraire…. IC Title

 

La soirée télévisée débute par un affrontement de brutes. Le premier homme à entrer dans l’arène des Champions s’appelle Ryback. Il porte la ceinture Intercontinental depuis un soir de juillet à Corpus Christi, au Texas, à quelques encablures de là. Et ce soir, après s’être débarrassé des petites frappes que sont le Miz et Big Show, il se cogne une vraie menace : #FightOwensfight.

 

Alors que le cowboy de Sin City vogue sur le succès et la popularité de son « Feed me more » depuis des mois, l’ex-Kevin Steen est dans une situation plus délicate. Après des débuts fracassants à la WWE, champion NXT éclair puis bourreau de John Cena, il est un peu rentré dans le rang ces derniers temps et a besoin d’une victoire de prestige.

 

Et bien, ne faisons pas durer le suspense : c’est pour ce soir. Owens est d’abord surpris par la force du champion, mais réussit rapidement à lui éclater le bras gauche contre un poteau. Il passera le reste du match à travailler le point blessé de son vis-à-vis avec lenteur et vice.

 

 

Cochon pendu sur le bras gauche.

 

 

Le Québecois cherche à faire abandonner son adversaire, pas une seule fois il ne tente de placer son Powerbomb. Sa stratégie affecte le rythme du match, mais elle finit par payer : alors que Ryback essaie de porter son ShellShock, le bras affaibli, Owens lui met ses doigts un peu partout sur la face, dos à l’arbitre. Déconcentration illicite qui lui permet d'enchaîner par un petit paquet et de gagner le titre. Owens champion ! Voilà une bonne nouvelle pour l'un des meilleurs catcheurs du monde, mais on se souviendra plus du résultat que de la manière : ce match fut l'un des moins bons du Canadien dans le giron de Stamford. Il en profite tout de même pour crâner avec sa ceinture en humiliant Ryback et son bouquin de pensée positive qui l’a soi-disant aidé à revenir de blessure.

 

Le show est à peine commencé qu’on nous annonce déjà l’avenir. Entre deux matchs, un spot effrayé raconté par Paul Heyman nous apprend que son client Brrrock Lesnar participera à un Hell Tour en octobre, durant lequel il affrontera le Big Show, répondra aux questions de Steve Austin et finira par un match dans la cellule infernale contre l’Undertaker lors d’Hell in a Cell.

 

OK, beau programme mais on dirait plus la tournée d’une bête de foire. N’y avait-il pas meilleur moyen de nous présenter la belle entre la Bête et le Dead Man ?

 

 

Les vacances de Monsieur Lesnar.

 

 

Bagarre de cœurs abîmés

 

Nous voilà désormais sur un sujet qui ne concerne ni Brock Lesnar ni l’Undertaker puisqu’il s’agit de romance et d’amour. Les CdC sont presque unanimes pour décerner le prix de pire rivalité de l’année à cette histoire de jalousie entre Dolph Ziggler et Rusev. Le premier a volé la copine du second (ou plutôt, soyons justes, la copine du second s’est jetée sur la bouche du premier) alors forcément ça n’a pas plu au Bulgare, qui a vite remplacé sa mijaurée par une autre blondasse, du coup ça forme un triangle amoureux à quatre, ce qui est bien compliqué. La situation est simplifiée (si l’on peut dire) par la blessure de Lana. Esseulé, Ziggler souffle le chaud et le froid puisqu’il appelle du pied Summer Rae en lui offrant des boucles d’oreilles et en lui chuchotant des mots doux, ce qui énerve le champion bulgare qui ne voudrait pas se faire piquer deux fois sa meuf par le même freluquet. Mais quel jeu joue le Show Off ? Il est censé être amoureux de Lana, mais drague ouvertement Summer. Il manipule donc le cœur d’une des deux blondes. Reste à savoir laquelle. Enfin bref, oublions les causes et les raisons qui n’ont pas grand intérêt.

 

 

T’as vu Rusev ? J’ai la tête de Lana sur la bite. Ça me change pas trop de d’habitude remarque. T’as entendu, gros pédé ?

 

 

Regardons plutôt deux formidables catcheurs en découdre entre les cordes. Franchement, ça vaut le coup. Rusev fait partie de ces big men capables d’envoyer leur pied à deux mètres du sol et à virevolter comme s’ils pesaient 100 kilos de moins; quant à Dolph, plus la peine de présenter son talent. Il réussit tout de même l’exploit inattendu de porter un enfourchement au Bulgare et de porter un superbe DDT qui plante l’ex-Alexander pendant une longue seconde droit dans le tablier. Pour le reste, Ziggie étale sa partition de gentil en péril mais résistant contre la force spectaculaire de son vis-à-vis.

 

Malheureusement, au bout de ce qui est le show stealer de la soirée, le final est confus : Summer Rae, pour on ne sait quelle raison, décide soudainement de monter au niveau des artistes pour invectiver Dolphie. Manque de chance, elle finit renversée sur le tablier. Furieux, l’arbitre expulse la demoiselle de l’arène, qui répond en lui balançant une de ses chaussures à talon au visage. Mais ce connaud d’arbitre évite l’objet qui finit sur le torse de Rusev, distraction qui l’empêche d’éviter le ZigZag fatal. Victoire de Dolph !

 

 

Je les fais toutes tomber, putain… J’suis trop bon.

 

 

Il me semble, si je ne me trompe pas, que le blondinet d’Hollywood, Florida devient le troisième catcheur à avoir couché le compatriote de Trifon Ivanov après Cena et Cesaro. C’est forcément un coup dur pour le Bulgare, mais cette histoire n’est certainement pas finie… Préparons-nous à zapper les segments de telenovela des prochains Raw avant d’apprécier le spectacle d’un rematch de haut niveau. En tout cas, avec des performances comme celles-ci et malgré la défaite, Rusev est loin d’être enterré et on a envie de le voir contre de plus en plus de monde.

 

 

Hoooo Houston !

 

C’est un jour nouveau. C’est une année de gloire pour le New Day. On connaissait le potentiel de Big E et de Kofi KIngston. Mais jusqu’à il y a quelques mois, personne ne pouvait sérieusement légitimer la présence de Xavier Woods à la WWE. Arrivé en catimini en 2013 depuis la TNA, le jeune homme a passé deux ans à ne servir à rien. Mais 2015 signe son explosion au grand jour. Il ne catche quasiment pas, pourtant la star du New Day, c’est bien lui. Maniant le micro aussi bien que le trombone, il chauffe les salles et ses deux acolytes avec une maestria impressionnante, au point que le public ne sait plus vraiment s’il doit scander « New Day sucks » ou « New Day rocks ».

 

 

Vous êtes en 2015, Kofi Kingston est heel et c’est le sommet de sa carrière, bonsoir.

 

 

Le groupe positiviste détient les ceintures pour la deuxième fois et s’est débarrassé des Prime Time Players. Mais l’adversité monte d’un cran puisque ce soir et pour la première fois depuis dix ans, les légendaires Dudley Boyz reviennent dans la course au championnat par équipes de la WWE. Mythique duo, le plus titré de l’histoire du catch, qui se dresse face à Kofi Kingston et Big E, puisque ce sont eux qui défendront le trésor de leur gang.

 

Le match est bon, forcément. Nous avons quatre excellents athlètes sur le ring et Xavier Woods est surexcité à leurs côtés. Il nous offre un beau récital de trombone pendant que ses camarades piétinent la tête de Bubba Ray, et joue même un petit coup du générique de Rocky. Allier ainsi qualité sportive et divertissement jouissif, ça c’est du catch mes amis.

 

 

Vous n’aimez pas Rocky ? Si ce n’est que ça je peux vous faire le générique d’Olive et Tom, inutile de s’énerver !

 

 

En fait, on pourrait croire que les Dudley Boyz sont là depuis toujours. Au top, irréprochables physiquement, les deux gaillards interagissent avec le public et leurs adversaires comme s’ils n’étaient jamais partis. Chaque équipe a son instant de domination, L’ancien Langston écrabouille carrément son adversaire par un splash à l’extérieur du tablier. Mais les vétérans reviennent dans le match grâce à Devon. Ils réussissent à porter leur 3D à Kofi, la victoire est acquise ! C’était sans compter sur Xavier Woods qui intervient, permettant à ses copains de garder leur ceinture pour la soirée: le musicien n’étant pas officiellement dans le match, l’arbitre est contraint de prononcer la disqualification. Chouette, c’est exactement ce que j’avais pronostiqué, merci Woody ! Bon, parfois il vaut mieux ne pas trop en faire : grisé par cette fin heureuse, le trio bondissant cherche à humilier les frangins en sortant une table. Manque de pot, les arroseurs sont arrosés et c’est bien Xavier Woods qui passe à travers le mobilier qu’il cherche pourtant à protéger.

 

Revanche au prochain PPV fort probablement ! En tout cas, le duo de Dudley est en pleine possession de sa forme, mais les quatre protagonistes peuvent encore mieux faire, c'est certain.

 

 

Faudrait que je retrouve la partition de Quand j'srai KO, moi.

 

 

The revolution ends tonight

 

Girly time now.

 

Depuis quelques mois et le lancement de la Divas Revolution, le clan des CdC est scindé en deux camps. D’un côté, les « On s’en fout des filles, de toute façon tant que le vieux Vince est aux commandes ça restera de la merde, championne, record, tout ça n’a aucun intérêt ». De l’autre côté, les « Mais si, c’est important, avec le travail effectué à NXT et la percée du sport féminin en général c’est la marche de l’histoire, la WWE doit faire les choses bien, les catcheuses ont du potentiel ».

 

Je ne cache pas faire partie de la seconde catégorie : les filles méritent autant de lumière que les garçons, ce n’est à mon sens pas plus normal pour elles que les storylines soient bâclées ou les matchs ridicules.

 

 

Ça et le fait que j’ai pour Paige des sentiments plus intenses qu’envers les autres Superstars, Rollins inclus.

 

 

La révolution lancée par Stephanie McMahon il y a quelques mois n’a pas tenu ses promesses pour le moment. La faute à un booking paresseux, basé sur trois équipes rivales aux noms pourris : PCB, BAD et Bella. La création de ces alliances a retardé l’émergence de réelles challengers au titre féminin. A dessein, bien entendu : Nikki Bella a pu presque sans trembler devenir la plus longue championne de l’histoire de la ceinture des Divas, dépassant, quel hasard, la légendaire et délicieuse AJ Lee qui nous manque. Alors, ce règne servait-il uniquement à effacer Madame Punk des tablettes ou a-t-il une autre légitimité ?

 

 

Un autre intérêt, certainement.

 

 

Ce soir, la jumelle décolorée défend son papillon contre Ric Flair. Ha pardon, contre Charlotte. Depuis que la gymnaste est montée dans le roster principal, elle surfe avec lourdeur sur la popularité de son papa, qui est présent ce soir dans les coulisses.

 

Aux abords du ring, Charlotte est accompagnée de Paige, qui fait ostensiblement la gueule, et de la loyale Becky Lynch. Nikki, elle, est avec sa jumelle et Alicia Fox. Comme d’hab me direz-vous, mais ce soir il y a une nouveauté : si la championne perd par disqualification ou intervention de ses bestah, elle doit rendre sa ceinture. Comme c’est ce cas de figure qui a eu lieu dans 100% des défenses de titre de madame Cena, on se demande comment elle va pouvoir se sortir de cette stipulation.

 

Sa rivale va bien l’aider : le match est à peine commencé que la Nature girl se réceptionne mal à l’extérieur du ring et se fait mal aux genoux. Banco, Nikki va s’acharner pendant dix longues minutes en faisant subir tout ce qu’il est humainement possible d’infliger à des genoux : coup dans les cordes, au sol, contre le poteau, coups de pied et de poing, torsions…

 

 

Images insoutenables de la violente chute de Charlotte.

 

 

Nous assistons à un défouloir à sens unique. Heureusement, un deuxième tournant arrive lorsque la championne cherche à soumettre son adversaire, qui rampe vers les cordes. Brie et Alicia tirent alors les câbles vers elles… ce qui effraie Nikki qui craint de perdre son titre à cause de ses copines. S’ensuit une bagarre hors ring entre les amies respectives des deux protagonistes, ce dont profite Charlotte pour revenir dans le match. Enfin, elle place un Spear tout mou qui met à terre la championne, avant de lui porter la prise en quatre de son papa. La Bella n’a pas le choix, ivre de rage et de douleur elle abandonne son titre.

 

Charlotte est donc la nouvelle championne féminine, après un règne de 301 jours. Ric Flair est fier de sa fille, et même si le vieux est pénible, je suis toujours un peu ému par ces moments de joie à la frontière entre le scenario et la réalité.

 

 

Wooo ! T’as vu papa, je fais ta démarche de signature !

– Hein ? Ha non moi c’est juste la sciatique.

 

 

Nikki perd son précieux à peine une semaine après avoir atteint le record de longévité. Qu’on ne vienne pas me dire après ça que c’est un hasard si elle a duré si longtemps, et que non, ça n’a rien à voir avec AJ…

 

Quoi qu’il en soit, même si la Bella ne méritait pas un tel honneur, il fallait ça. Il fallait un long moment de frustration pour tous les fans du catch féminin et tous les suiveurs d’NXT, il fallait que la coupe soit pleine pour justifier une révolution. En fait, il y a juste eu pour le moment un renouvellement du roster, même si sportivement parlant le niveau reste à améliorer. Débarrassée des siliconées de Total Divas, la division féminine attend ses meilleures heures.

 

 

Ok, donc la grande gigue avec les deux genoux pétés fait mieux que moi en pleine forme. Ça va pas tarder à me gonfler cette histoire.

 

 

Jamais deux sans trois

 

Bray Wyatt est à nouveau entouré de deux disciples dégoûtants : il a récupéré Luke Harper, après l’avoir libéré sans aucune raison, et il a gagné un effrayant mouton noir nommé Braun Strowman.

 

Il va falloir du courage à Dean Ambrose et Roman Reigns, mais surtout un partenaire mystère à la hauteur. Pour faire face aux trois monstres, les pronostics vont bon train. Certains imaginent l’arrivée d’un jeune loup d’NXT, d’autres voient plutôt la venue d’une légende. Balor ? Corbin ? Samoa Joe ? The Rock ? Cesaro ? Mark Henry ?… Il faudra de toute façon un grand nom pour faire le poids. Après l’entrée toujours aussi sublime de la famille à la lanterne, les deux anciens membres du Shield viennent leur faire face. Surprise soudaine, ils sont rejoints par un petit homme chauve en pantalon militaire. Alors que tout l’univers se demande qui est ce renfort inconnu, l’arrivée précipitée de la sécurité qui éjecte le bonhomme hors du ring permet de comprendre qu’il s’agit juste d’un spectateur surmotivé. Pas mal comme effet de surprise !

 

 

Un mec qui risque de se la péter demain sur Twitter.

 

 

Pendant que le jeune homme disparait du champ et subit probablement moult coups de Taser dans les parties, un compte à rebours démarre sur le Titantron. Mais la musique et les effets visuels qui entourent le décompte trahissent le suspense.

 

 

Alors, on attend pas Chris ?

 

 

Chris Jericho est donc le troisième membre mystère et fait son retour sur les rings de la WWE. Moué. Le public est chaud comme la braise et acclame Y2J. Niveau surprise en tout cas c’est une réussite, le nom n’avait pas du tout fuité. L’Ayatollah of Rock’n’Rollah (fait-on surnom plus classe ?) a des raisons légitimes d’entrer en guerre contre les Wyatts qui l’ont détruit l’été dernier. Bah oui mais justement, ne pouvait-on pas faire plus inquiétant pour les frères crades qu’un homme qu’ils ont déjà battu ?

Jericho a l’expérience pour lui, mais si les deux anciens cerbères de la Justice n’ont pas fait vaciller la montagne Strowman, on l’imagine mal réussir. Voilà, à l’instant où le Canadien rejoint le ring sous une foule en délire, je m’interroge.

 

Certitude, les trois dégueulasses du bayou sont bien mieux organisés que l’équipe improvisée qui leur fait face. Certes, Luke Harper se fait un peu déborder mais Bray Wyatt gère tout ça en fin stratège. Surtout, Strowman est un monstre invulnérable. A mon sens, l’erreur d’Ambrose et consorts est de se focaliser sur lui en mettant tout en œuvre pour l’éviter, oubliant au passage que les deux autres sont également des dangers redoutables.

 

 

Bah, j’ai juste éternué, qu’est-ce qui leur arrive à tous ?

 

 

Le géant barbu fait très mal, mais le match est très rythmé, les tags s’enchainent. Dean et Roman se connaissent parfaitement et en profitent. Suite à deux Superman Punch sur Braun, le roc vacille un peu. Ambrose se sacrifie par un Crossbody qui met enfin au sol la bête, immédiatement cueillie à son lever par un Spear ! L’impossible est en passe de se réaliser. Jericho décide alors de s’inviter dans la partie et remplace un Reigns moyennement consentant.

 

 

Je vais lui mordre les cheveux. Peut-être c’est son point faible, on n'a pas essayé encore.

 

 

Idée à la con, Chris. Malgré son Lionsault, le King of Bling-bling se trouve pris dans le terrible étau du mouton noir et perd connaissance. Live in fear peut résonner dans l’arène, la famille Wyatt a remporté son pari. Heureusement, Jericho est très très fort. Trente secondes après avoir encaissé la prise qui a supprimé Orton de la carte depuis quelques semaines, il se relève pour constater que ses partenaires ont pas l’air trop contents de cette issue.

 

 

Désolé les mecs, c’était pas ma guerre. Bon, m’en voulez pas, vous venez au concert de Fozzy samedi ?

 

 

Chris est déçu de lui-même, vexé et visiblement énervé. Sans mot dire, il bouscule Ambrose pour gagner les vestiaires sans ses compagnons d’infortune. Voilà qui peut être intéressant et amorcer un retour permanent du Canadien en tant que heel. Je veux oui. Je veux le retour du Jericho méprisant et délicieux de la fin des années 2000, lors de ses derniers règnes de champion du monde ou sa longue époque Jerishow. Surtout, je veux Jericho qui vise le Ten time IC champion.

 

Peut-on envisager ce PPV comme le premier d’une série où Ambrose et Reigns, tel que le faisait Stardust pour son frère il y a quelques mois, chercheraient vainement un partenaire idéal ? Ou la guerre est-elle finie ? L’excitation du Lunatic dans les vestiaires après le match semble présager d'une suite.

 

 

Les deux travaux de Rollins

 

La soirée est déjà fort avancée. Nous comprenons tous que Seth Rollins, en plus de devoir disputer deux matchs de championnat dans la même nuit, devra les faire d’affilée. Drôle de configuration très défavorable pour celui qui mériterait le surnom de Chosen One bien mieux que l’ancien nommé (mais si, vous savez, l’Ecossais là).

 

 

Bonjour, avez-vous entendu parler de la Bonne Nouvelle ?

 

 

Le challenge commence par le combat pour le titre de champion des Etats-Unis contre John Cena.

 

La foule n’est jamais autant inspirée que quand il s’agit d’huer la tête d’affiche de la fédération.

 

Cena face à Rollins, on l’a déjà vu. On sait ce que ça donne, et ce soir on n’est pas déçus : le champion est toujours éclaboussant de classe et de talent, tandis que le Marine livre une partition excellente. Piétinements, projections, prises contrées, le spectacle est superbe et les deux hommes en rajoutent en se provoquant mutuellement.

 

 

Ho, j’ai marché sur Cena, du pied gauche ça porte bonheur. T’as compris John ? Je t’assimile à de la merde. De la merde tu es, John !

 

 

L’Architraître est moralement irréprochable : malgré l’affrontement qui l’attend ensuite, il ne cherche à aucun moment à donner un coup dans les valseuses de son adversaire pour gagner du temps et conserver son trophée par DQ. Au contraire, il sort toute sa palette de prises spectaculaires et de sauts suicidaires.

 

 

Oups, damned.

 

 

Il va même trop loin dans l’esbrouffe : lorsqu’il tente de voler l’Attitude Adjustment du rappeur blanc, la réalité le frappe en pleine face. Il s’incline au bout d’un très beau match. Voilà un premier coup de tonnerre : obligé de catcher deux fois ce soir, Rollins s’incline dès la première confrontation, ce qui est de mauvais augure pour la suite. Et revoilà Cena en champion des USA. J’avoue que je ne m’y attendais pas du tout. Furieux et sentant bien les ennuis, Seth tente de fuir l’arène avec le seul titre qui lui reste. Mais le Marine, qui fourre toujours son nez où ça ne le concerne pas, qu’il s’étonne pas qu’on lui pète, oblige ex-Tyler Black à rester sur place. Il lui porte même un autre AA à l’extérieur du ring. Non, mais, si c’est pas trop mâcher le travail du vieux ! Heureusement pour le bicolore immaculé, le temps que Sting monte sur le ring, il peut reprendre ses esprits.

 

 

Voilà, voilà, excusez ma prostate.

 

 

Le légendaire catcheur de la WCW s’apprête à disputer son tout premier match pour le championnat de la WWE à cinquante-six ans. Oaho. Comme le souligne Christophe Agius, ce mac catchait déjà dans ce qui était à l’époque la plus grande fédération du monde au moment de ma naissance. Franchement, quel autre sport permet de voir ça ? C’est à la fois extraordinaire… et un peu inquiétant quand même. Je suis sûr de ne pas être le seul à me demander si on nous a pas mis exprès un match de feu avant pour contrebalancer un main event qui s’annonce délicat.

 

 

Haha, le petit doigt ça fait mal hein ? Freluquet ! Et encore, je laisse ton oreille tranquille.

 

 

Soyons honnêtes : ce dernier affrontement est loin de la purge ou de la catastrophe crainte. Sting domine logiquement grâce à la fatigue accumulée par son adversaire. Il lui fait faire un peu le tour du mobilier, projections multiples contre les escaliers et les barricades. Mais le jeune loup répond avec l’énergie du désespoir. Le tournant survient lorsque le vétéran cherche à en finir en s’aidant de la table des commentateurs : grave erreur. Rollins est un opportuniste ultime, et il lui suffit d’une seconde pour projeter Sting… à travers la Spanish announce table. Holy shit !

 

 

Ca va Sting ?

– Un peu mal à la nuque mais ça devrait passer.

 

 

Le corps de l’Icon est complètement couvert d’hématomes suite à cette destruction. C’est un nouveau match qui commence alors, maitrisé par le champion du monde. Mais il n’arrive pas à porter le coup final, et l’homme au corbeau revient dans le combat en sautant à l’extérieur du ring depuis la troisième corde. La foule de Houston est d’accord avec moi : il l’a toujours. Rollins doit son salut à un pied sur le câble à la dernière seconde d’un tombé. Puis, le chacal réussit à porter Sting et à le projeter dans le coin du ring. Et là, c’est le drame. Instant de frisson où la réalité de la vie se confronte soudainement aux catcheurs. Comme si, d’un coup, le Coyote qui poursuit Bip-Bip avait vraiment de multiples fractures ouvertes en tombant dans le vide. Le Stinger s’éclate la colonne vertébrale sur le turnbuckle. Il tente de poursuivre le combat mais ne tient plus sur ses jambes. Le staff médical intervient pendant que Rollins tente d’occuper le public en provocations. Titubant, héroïque, le vétéran tente de poursuivre le match. Mais le mal est fait et le final est visiblement abrégé : l’autoproclamé futur de la fédération contre un Scorpion DeathLock en petit paquet et remporte l’affrontement.

 

 

J’en étais sûr ! Mais bon, je suis content quand même.

 

 

Eh oui mais la soirée n’est pas finie pour le champion. Comme on pouvait s’y attendre, Sheamus surgit des coulisses. Le détenteur du Money in The Bank profite de la fatigue accumulée par Rollins pour encaisser son bien. Il en rajoute une couche en décrochant la mâchoire de son rival d'un Brogue Kick. La mallette est entre ses mains, il la tend à l’arbitre pour officialiser son choix…

 

 

But Kane ruins everything fun in WWE.

 

 

Surgie d’on ne sait où au cœur des flammes de l’enfer, la Big Red Machine envahit le ring. Kane soulève le corps inconscient de Rollins pour lui porter un Chokeslam, avant d’enchainer sur Sheamus qui croyait avoir trouvé un allié en sa personne. Pour bien finir, le Démon préféré du Diable enchaine avec un Tombstone Piledriver sur son ancien camarade de l’Autorité. Terminé, bonsoir.

 

 

Rollins aura donc subi cinq finishers différents ce soir. Ouille.

 

 

Ainsi s’achève la nuit des champions. Jusqu’à la victoire ultime de Seth, aucun détenteur n’avait remporté son match, les New Day ayant conservé leurs ceintures par disqualification. C’était clairement une soirée de changement. Charlotte et Kevin Owens forment une belle partie de l’avenir que l’on souhaite voir à la WWE. Mais ne négligeons pas les anciens qui ont fait le taf ce soir. Les Dudley Boyz ont encore beaucoup à offrir, et Sting, le légendaire Franchise, a rendu au courage une copie très correcte pour ce qui restera peut-être le dernier match de sa carrière. Le PPV donne une impression globalement bonne, sans réelle purge ni squash, mais avec un niveau somme toute moyen. Ziggler et Rusev ont fait plaisir, Cena et Rollins ont une excellente alchimie, et le reste fut de qualité mais on ne se relèvera pas la nuit pour voir les deux matchs par équipes ou l'opener.

 

 

Ou alors pour des raisons inavouables.

 

 

Je salue l’inventivité de la WWE qui nous a servi pas tout à fait ce que l’on attendait. Beaucoup voyaient Rollins finir la soirée tout dénudé. D’autres, comme moi, pensaient qu’il allait perdre son titre mondial mais conserver la ceinture US pour enfin redescendre un petit peu dans la carte après plus d’un an dans le main event. Au final, nous revenons avec un Cena champion des Etats-Unis, ce qui nous promet encore des discours passionnants sur le symbole de l’excellence. Surtout, au final, Rollins conserve et s’achemine vers une rivalité contre Kane. Allez, ne rions pas, personne n’imagine le monstre rouge devenir champion du monde. Le chacal va donc se diriger vers un beau règne de plus de six mois. Reste à savoir comment l’Autorité traitera le cas du frère de l’Undertaker, et pourquoi celui-ci s’en prend au bicolore. Après tout, ça se fait pas de taper quelqu’un qui vous offre des vacances à Hawaï ! A mon sens, les tensions entre les deux hommes légitiment une telle rivalité, mais bon… On passe d’un challenger de cinquante-six ans à un de quarante-huit ans. Consolons-nous en pensant que lorsqu’on regardera le règne de Rollins dans quelque temps, on verra à son palmarès les noms d’Orton, Cena, Lesnar, Sting et Kane… On fait plus dégueu.

 

 

Et puis moi, je vais garder ça encore un peu.


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