Smackdown du 12/02/2015 : C’est l’histoire de deux mecs

Pour être en paix, il faut être deux : soi-même et le voisin d'en face.

Aristide Briand

 

A dix jours de Fastlane, les bookers et les fans semblent principalement focalisés sur un seul arc narratif : la rivalité entre Daniel Bryan et Roman Reigns. Une feud plaisante jusque là, et qui a pris une nouvelle dimension ce jeudi,  constituant le point central, que dis-je, le point unique d'un show de deux heures.

 

 

En fait c'est parce qu'ils ont passé une heure à se faire des politesses pour savoir qui entrerait dans le ring en premier.

 

 

Nalyse de Smackdown du 12 février

 

Pour être en paix, il faut être deux : soi-même et le voisin d'en face.

Aristide Briand

 

A dix jours de Fastlane, les bookers et les fans semblent principalement focalisés sur un seul arc narratif : la rivalité entre Daniel Bryan et Roman Reigns. Une feud plaisante jusque là, et qui a pris une nouvelle dimension ce jeudi,  constituant le point central, que dis-je, le point unique d'un show de deux heures.

 

 

En fait c'est parce qu'ils ont passé une heure à se faire des politesses pour savoir qui entrerait dans le ring en premier.

 

 

Nalyse de Smackdown du 12 février

 

 

C'est un Smackdown très atypique qui nous a été proposé par la WWE cette semaine : 51 minutes effectives de catch, dont 41 minutes pour son seul main event ! Avant de revenir sur ce morceau de bravoure aussi ambitieux qu'inattendu,, évoquons les événements prévisibles et sans génie l'ayant précédé : Bray Wyatt a tout d'abord battu R-Truth dans un match rapide. Le gourou barbu n'a pas d'affrontement prévu à Fastlane, mais continue d'être présent à l'antenne en attendant Wrestlemania. Paige, quant à elle, a terrassé Summer Rae pour se préparer pour son match avec Nikki Bella, qui était dans le coin avec sa soeur, et Fandango a disposé d'Adam Rose, ce qui devrait mener à… je sais pas mais on s'en fout. L'ensemble de ces événements a comblé un tiers du show, le reste étant consacré à vous savez quoi.

 

 

Comment sait-on qu'un catcheur est complètement dingo ? Réponse : quand il se prépare à un match à Wrestlemania contre l'Undertaker en affrontant R-Truth à Smackdown.

 

 

Passons donc au main event, annoncé dès le premier segment du show – une fois n'est pas coutume, backstage – par Kane et le Big Show : Roman Reigns et Daniel Bryan contre une bonne partie des tag-teams de la WWE, les unes à la suite des autres. Ce n'est pas la première fois que deux rivaux sont forcés à faire équipe (je pense à Orton et Cena contre le roster de Raw en 2008, ou à Cena et HBK en 2007), mais l'idée est relativement rarement exploitée, et en tout état de cause apparaissait intéressante, surtout que le match a été parfaitement booké, et que chacun y trouvera son bonheur. Le premier acte face à Miz et Mizdow est vite expédié, mais le jeu de miroirs entre deux équipes qui ne s'entendent pas est clairement drôle à voir, et les tags faits à grand coups de claque sur l'épaule s'enchaînent. Malgré tout, Reigns et Bryan arrivent à conserver une entente cordiale, et l'emportent d'un combo Superman Punch/Busaiku Knee.

 

 

Je suis peut-être dingo, mais je JURE que Bryan s'est rasé la barbe récemment.

 

 

Le deuxième acte du match est de loin le plus long, mais aussi le meilleur : 20 minutes face aux Usos. Un affrontement rythmé, rempli de petites histoires disséminées tout du long. Reigns, par exemple, est très réticent à affronter ses cousins, alors que Bryan, lui, excelle dans son rôle de petit teigneux voulant montrer au grand costaud comment on fait une vraie suplex. Le barbu reste d'ailleurs dans le ring le plus longtemps, se permettant des largesses pas vraiment appréciées par son partenaire du soir. C'est pourtant lui qui fait abandonner un des Usos, après le traditionnel bordel où tout le monde place son finisher sur tout le monde. Les Matadores sont par la suite massacrés tout en technique par le petit, et Slater Gator tout en puissance par le grand, dans deux squashs rapides, mais divertissants dans leur enchaînement, nécessaire après le long match contre les champions par équipe.

 

 

Dans les tribus primitives samoanes, il est d'usage que les mâles essaient de montrer leur domination en faisant des dropkicks et des enzuigiri dans la gueule de leurs cousins.

 

 

L'Ascension, arrivée ensuite, n'aura pas eu l'honneur de tomber face au duo des top faces. En fait, l'équipe a même été montrée plus dominante que jamais depuis son arrivée dans le roster principal. Elle a carrément démonté le tatoué et le barbu, portant à chacun d'eux son Fall of the Man, et se faisant disqualifier au passage. Tout ceci était bien sûr un stratagème avant l'arrivée des derniers adversaires, Kane et le Big Show. Mais là où les mésententes ont été criantes jusque là entre les deux futurs adversaires de Fastlane, l'adversité semble finalement les avoir soudés, et les dissensions se font en fait sentir au sein de l'Autorité, finalement conclues d'un KO Punch du Big Show sur Kane, une distraction suffisante pour l’enchaînement spear/Busaiku Knee, et la victoire des gentils, qui ressortent exténués de leur affrontement homérique, mais enrichis d'un respect mutuel. Quant au duo de géants, je ne pense pas qu'il y ait eu turn cette fois, mais je laisse ceux que ça intéresse analyser ça plus en détails.

 

 

Comment sait-on qu'un catcheur est complètement con ? Réponse : c'est le Big Show.

 

 

Certains pourront remettre en question l'opportunité de faire battre la quasi-intégralité d'un roster tag-team par un duo qui ne s'entend même pas, pourtant je ne suis pas de cet avis : Miz et Mizdow ont affronté deux top faces au sommet de leur fraîcheur, et perdu à cause de l'entêtement du premier. Les Usos ont livré un affrontement extrêmement compétitif, les Matadores et Slater Gator sont des pitres, l'Ascension a été dominante et le Big Show et Kane ne doivent leur défaite qu'à eux-mêmes. Le match a été admirablement booké, et l'alchimie entre Reigns et Bryan est vraiment surprenante : les 40 minutes valent à elles seules pour les regards entre les deux, pour leur duo de mecs extrêmement différents, avec chacun ses failles, le tout saupoudré d'une dynamique face contre face très rafraichissante. La performance du barbu (vainqueur à l'applaudimètre), qui a passé la majorité du match dans le ring, rappelle ses meilleurs moments, et le tatoué n'est jamais aussi bien utilisé que dans ce genre de matchs où il ne rentre sur le ring que pour détruire tout ce qui bouge. C'est donc possiblement le meilleur match à Smackdown depuis des mois qui a rempli en grande partie l'épisode de ce jeudi, et je ne peux que vous conseiller d'aller mater ça.

 

 

– C'était long hein ?

– Oui. Mais c'était bon.

 

 

Petit à petit et depuis le passage au jeudi, Smackdown, sans faire de bruit, remonte la pente. Ce n'est pas encore un show indispensable, comme en 2003, 2009 ou 2011, mais définitivement c'est un show auquel on peut jeter un œil. Plus de catch, plus de stars, plus d'histoires : cet épisode en a été une parfaite illustration. Les circonstances étaient ce jeudi un peu particulières – la moitié du roster est en tournée au Moyen-Orient – mais on peut voir l'affaire perdurer. Son renouveau, la division la doit en partie à un homme : Daniel Bryan a participé aux cinq derniers main events du show bleu (il les a d'ailleurs tous gagnés) et si on en croit l'une de ses interviews, le barbu a expressément demandé à être celui qui dorénavant portera à bout de bras le show du jeudi. De là à évoquer un retour aux racines de ce qui a fait le succès de Smackdown, et à envisager le retour à deux rosters séparés après Wrestlemania, il n'y a qu'un pas, et pas un petit.

 

 

Ce… ce mec a un soutif.

 

 


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