Easy Ryder

Aux vrais amis tout est commun.

Euripide

 

Le WWE Universe adore Zack Ryder. Le WWE Universe déteste John Cena. Les bookers ont décidé de les associer. Résultat : on n’aime pas plus John Cena, et on va commencer à haïr Zack Ryder. Bien joué les bookers !

 

 

Putain les gens, vous arrêtez de me huer, sinon je fais sauter ma ceinture d’explosifs et j’emmène ce corniaud avec moi en enfer!

 

 

Nalyse de Raw du 6 décembre

 

Aux vrais amis tout est commun.

Euripide

 

Le WWE Universe adore Zack Ryder. Le WWE Universe déteste John Cena. Les bookers ont décidé de les associer. Résultat : on n’aime pas plus John Cena, et on va commencer à haïr Zack Ryder. Bien joué les bookers !

 

 

Putain les gens, vous arrêtez de me huer, sinon je fais sauter ma ceinture d’explosifs et j’emmène ce corniaud avec moi en enfer!

 

 

Nalyse de Raw du 6 décembre

 

 

La situation est absolument stupéfiante. Le top Face de la WWE, son porte-drapeau, son dodécuple champion du monde est tellement conspué dans toutes les salles de la planète que, pour lui rendre un peu de sa popularité d’antan, les scénaristes en sont réduits à le présenter comme le meilleur ami d’un serial jobber au gimmick quasi-clownesque. Eh oui, Zack Ryder est devenu la dernière brindille à laquelle se raccroche John Cena pour espérer reconquérir le cœur du public.

 

 

– T’es vraiment sûr, Zack ?

– Certain, vieux.

– Bon, si tu le dis… Lundi prochain, je me pointe aux Slammy Awards en slip violet.

– Oublie pas les chaussettes assorties, surtout.

 

 

Pour être tout à fait exact, le soutien à Zack le débile léger n’est pas le seul moyen que Cena emploie pour tenter de retourner les haters en sa faveur. Le Marine est un habitué de la cheap pop ‑ on le sait pour l’avoir vu, des années durant, obtenir de bruyants satisfecits des foules en hurlant à tout rompre le nom du bled du soir. Cette technique basique ne fonctionnant plus vraiment, Johnny le malin est passé à ce qui s’en rapproche le plus dans la Reality Era actuelle : il répète semaine après semaine qu’il respecte le fait que les fans le huent, et qu’il estime qu’ils en ont tout à fait le droit ; il cire sans cesse les pompes crasseuses de CM Punk, celui-là même qui l’a traité de « lèche-cul de première catégorie » lors de sa promo séminale de l’été dernier ; et maintenant, voilà qu’il joue au fan numéro un de Zack Ryder. Punk et Ryder sont ultra-populaires, donc Cena bénéficiera, par ricochet, de l’amour que leur voue le public, se disent les brillants esprits qui orchestrent tout ce cirque depuis leur bunker. Sauf que non.

 

 

Je vais de ce pas lancer une pétition sur Twitter pour que la WWE fabrique des glaces aux Fruity Peebles!

 

 

Primo, la passion que Cena voue à Punk n’est nullement réciproque, puisque Punk se garde bien de faire l’éloge de Monsieur « Rise above hate » dans ses promos. Secundo, la soudaine affection de Cena à Ryder sonne plutôt faux. Et c’est le simplet de Long Island qui risque d’en faire les frais, à terme.

 

Le problème numéro un, c’est la storyline actuelle. L’idée que les bookers veulent nous faire avaler, c’est que Zack Ryder mérite une chance de devenir US Champion, et que le méchant tenant du titre, Dolph Ziggler refuse de lui en donner l’occasion. Du coup, Zack doit apparaître à nos yeux comme un gars valeureux qui mérite de défier Ziggler à la loyale. Et tous ceux qui aideront Zack dans sa quête (John Cena, donc) en seront systématiquement grandis.

 

Seulement, pour qu’une telle histoire fonctionne, il aurait fallu que Ziggler se conduise en permanence comme un heel couard et machiavélique, tandis que Ryder serait, de son côté, un mec droit, irréprochable. Malheureusement, c’est plutôt à l’inverse que l’on assiste. En effet, Ryder a eu sa chance : il a eu un match contre Dolph Ziggler au PPV Vengeance, le 23 octobre dernier. Rappelons au passage que ce soir-là, Ziggler avait combattu et vaincu Ryder immédiatement après avoir livré, accompagné de Jack Swagger, un match pour le titre par équipes contre Air Boom. Ziggler avait encaissé consécutivement le finisher de Kingston et celui de Bourne… et trente secondes plus tard, Ryder déboulait pour l’affronter. Déjà, c’était du mauvais booking, puisque le Heel, Ziggler, acquérait systématiquement, de ce fait, la sympathie du spectateur neutre. Et par l’effet des vases communicants, le Face, Ryder, passait pour un chacal pressé de se repaître d’une proie à demi-morte.

 

Et en plus, Ryder avait perdu. Par la suite, il a encore perdu contre Ziggler, puis contre Del Rio, puis (avec Cena) contre Awesome Truth… Alors certes, il a battu Jack Swagger à Raw la semaine dernière, mais ce combat n’était en aucun cas un First Contenders Match. Bref, Ryder ne MÉRITE pas plus qu’un autre un title shot contre Ziggler, quoi qu’en hurle Cena.

 

 

Je vais vous dire ce que je pense vraiment. Je pense que Zack Ryder devrait être intronisé au Hall of Fame dès 2012, et en première position! Et on devrait lui élever une statue de deux cents mètres de haut devant le QG de la WWE! Et tous les garçons qui naîtront à l’avenir dans le monde devront se prénommer Zack! Je le pense sincèrement, du fond du cœur!

 

 

Mais surtout, dans sa feud contre Ziggler, Ryder se conduit au moins autant en heel que son adversaire ! Rappelez-vous seulement de ce qui s’est passé à Survivor Series : Ziggler vient de défendre victorieusement son titre contre John Morrison. Épuisé, il célèbre sa victoire, quand soudain Ryder jaillit des coulisses, lui saute dessus et le tabasse ! Si encore Ziggler avait au préalable commis quelque crime atroce à l’encontre de son ennemi, on pourrait comprendre. Mais ce n’est pas le cas. Ziggler a certes grugé dans leurs matchs, mais son comportement est loin de justifier, in kayfabe, que Ryder l’assaille régulièrement en traître.

 

Ce lundi, on en a encore eu une démonstration. En fin de soirée, Ziggler bataillait ferme contre Sheamus. Une victoire lui offrait un WWE title shot à TLC. Soudain, Ryder s’est pointé comme une fleur au beau milieu du match, déconcentrant Ziggler, ce qui permit au blafard Irlandais d’estourbir le champion US pour le compte. Bon, faire le cake au bord du ring pendant le match du mec avec qui tu feudes en ce moment, c’est un classique, et on pourrait à la rigueur fermer les yeux sur ça. Mais juste après, comme Ziggler se relevait péniblement du Brogue Kick, Ryder s’est introduit dans le ring et lui a porté son Rough Ryder. Paie ton fair-play, tiens.

 

 

– Cette ceinture devrait être à moi! Je la mérite!!!

– Heu, t’as fait quoi pour la mériter exactement?

Ta gueule! Tu parles pas en ma présence, sale enfoiré de heel! Sinon je te bute! Et je bute ta grosse pute de copine! Et je retrouve toute ta famille et je les bute tous!

 

 

Et ce n’est même pas la dernière avanie à porter au crédit de Zack, qui décidément n’a pas côtoyé Edge pendant ses années de top heel pour rien. Revenons un peu plus tôt dans la soirée.

 

Le satanique John Laurinaitis avait décidé d’organiser une « expérience sociale » digne de la célèbre expérience de Shérif. Cena et Ryder sont potes ? Très bien, mais il se trouve que le premier rêve de redevenir First Contender au titre WWE, tandis que le second prétend au titre US. Donc on va les faire s’affronter, le vainqueur obtenant son title shot. Diabolique, et on ne peut absolument pas donner tort à Laurinaitis quand il prétend se montrer novateur et divertissant. Il l’est tout à fait, quoi que nous en disent Jerry Lawler et CM Punk, ses principaux détracteurs.

 

Le match a donc lieu et, fort logiquement, Cena l’emporte, parfaitement clean. Dans ces circonstances, n’importe quel Face fairplay devrait, à la place de Ryder, se relever, souffler un bon coup, et serrer la main du vainqueur en lui souhaitant bonne chance. Mais que fait Ryder ? Il repousse Cena qui vient le relever, et se met pratiquement à l’engueuler, sur l’air de « Mais pourquoi m’as-tu battu ? C’était ma dernière chance ! »

 

 

– Are you serious, brotherfucker? Toi, John Cena, tu me bats, moi? Moi, Zack Ryder? Tu sais qu’il suffit d’un mot de ma part, et les spectateurs descendent des tribunes pour te tailler en pièces?

– Heu… Bouge pas, j’ai un truc à gérer avec Laurinaitis.

 

 

Cena, bouleversé, fonce en coulisses, retrouve Laurinaitis, et en un pacte faustien imposé par l’inaudible General Manager, sacrifie son WWE title shot, qu’il vient pourtant de gagner à la loyale, en échange d’une dernière chance pour Zack d’obtenir un title shot pour le titre US. En même temps, il perd pas grand-chose, le John, des title shots pour des titres de champion du monde, il en a après chaque ppv. Quand c’est pas le cas, c’est qu’il est déjà champion.

 

Bref, Ryder obtient un match, s’il le gagne, il sera First Contender au titre US de Dolph Ziggler. Fort bien. Quel adversaire Johnny Ace a-t-il planqué dans ses larges manches ? Ah ben oui, Mark Henry en personne. Ca s’annonce mal pour Ryder, mais fort opportunément, ce match sera un No DQ. Evidemment, le champion du monde poids lourds réduit l’homme de la longue île en bouillie jusqu’à ce que Cena déboule, porte son AA à Henry et balance un Ryder inanimé dessus. Un, dos, tres… Voilà, Ryder est enfin First Contender au titre de Ziggler, ouf ! Oui, maintenant, pour devenir First Contender au championnat US, il faut pinner le champion du monde poids lourds (et on va pas s’en plaindre, nous qui nous désolons si souvent du manque d’importance généralement accordé aux titres secondaires).

 

 

– Eh Mark, t’sais quoi? J’vais te relever au compte de deux, pour bien t’humilier ! Et après, je te colle mon finisher, et là je gagne! Parce que je le vaux bien!

– Non.

– Ahahaha, je plaisantais bien sûr.

 

 

Résumons.

 

Le challenger a eu un Title Shot, il a perdu. Peu importe, il réclame un autre match. En attendant, il interfère dans les matchs du champion et l’agresse physiquement quand celui-ci est hors d’état de se défendre. Il chouine quand il perd à la loyale une nouvelle occasion de devenir officiellement le First Contender. Et il finit par le redevenir sans le mériter réellement. Oui, vous reconnaissez le profil : c’est celui de Christian, Mister ONE MORE MATCH. C’est Christian, le sale heel, qui n’a cessé de s’incruster dans les matchs du Face Orton, qui l’a attaqué un nombre incalculable de fois, et qui a utilisé tous les moyens pour revenir dans la course. Ryder ne fait pas autre chose.

 

Oh, certes, ce n’est pas la première fois que l’on constate que Quod licet Jovi, non licet bovi. Rien à voir avec Bon Jovi, ça veut juste dire, dans le cas qui nous intéresse, que les Faces ont des droits auxquels les Heels ne peuvent pas prétendre. Mais quand même, cette fois, ça va vraiment très loin. Ryder est une pleureuse, un tricheur et un faible, voilà ce que l’on voit. J’applaudis le fait que la WWE n’ait pas décidé de pusher Ryder comme s’il avait soudain découvert la potion magique d’Astérix : il aurait été ridicule qu’après des années passées à jobber, il se mette du jour au lendemain à battre aisément des upper midcarders. Mais là, c’est à l’excès inverse qu’on assiste…

 

 

Comme dans les Batman des années 1960, quand Zack Ryder est à l’écran, il est accompagné de tout un tas d’onomatopées.

 

 

Et est-ce que tout cela a rendu John Cena plus aimable aux yeux du public ? Il semblerait qu’il ait plutôt été applaudi lorsqu’il est intervenu en faveur de Ryder, mais le procédé est quand même risqué.

 

Si les bookers veulent aller jusqu’au bout du concept, alors Cena, qui n’a pas de match prévu pour TLC et pas de feud en cours avec quelque heel que ce soit, sera au soir du ppv dans le coin de Zack Ryder, pour empêcher toute intervention de Jack Swagger au profit de Ziggler. Et comment Ryder sera-t-il perçu si cela se produit ? Pour l’instant, sa popularité ne se dément pas, mais s’il continue d’être présenté comme le petit protégé de Cena, va-t-il conserver longtemps cette aura de self-made man qui a fait son succès ? Ou bien, au contraire, la détestation que suscite le Marine va-t-elle se répandre sur lui ? La deuxième option semble aujourd’hui très possible, surtout si Ryder reste booké comme un connard incapable et sur-protégé. En tout cas, le « social experiment » de John Laurinaitis marche parfaitement, respect à lui, et pourvu qu’il demeure GM un bon moment si c’est pour nous booker des séquences comme ça ! Car aussi contestable que tout cela puisse être, ça n’en reste pas moins original et prenant.

 

 

Et encore, c’est rien, en matière d’expérience sociologique. Je viens de voir « La Vague » et « Battle Royale ». J’ai plein d’idées pour la suite.

 

 

Laurinaitis avait fait sa première apparition à la fin du premier segment – un segment classique sur le mode « Il n’y a pas de challenger évident pour le titre WWE, alors tous les prétendants défilent ». Il y avait là Cena (qui voulait redevenir First Contender juste comme ça, parce qu’il est John Cena), mais aussi Del Rio (dont l’argument était que Punk aurait dû être disqualifié la semaine dernière puisqu’il l’a explosé sur un coin dénudé du ring pour gagner leur match), Ziggler (désireux d’ajouter la ceinture WWE à son titre US) et un Miz requinqué par ses beatdowns sur Morrison et Truth.

 

Laurinaitis ne l’a pas jouée Captain Obvious. Un Teddy Long, en effet, aurait sans doute décidé que les quatre hommes en présence devaient s’affronter pour déterminer qui irait batailler contre Punk à TLC. Johnny Ace, lui, avait une autre idée. Puisque Raw est désormais un Supershow, on utiliserait les catcheurs de Smackdown. Le cas Cena étant réglé séparément (cf. ci-dessus), les trois autres combattraient des gars de la brand bleue, une victoire les envoyant dans le Title Match.

 

 

– Moi, le Miz, je mérite d’être First Contender car tous les talk shows les plus prestigieux s’arrachent ma présence.

– Moi, Alberto Del Rio, je mérite d’être First Contender car j’ai été frauduleusement dépossédé de mon titre par ce perro de CM Punk.

– Moi, Dolph Ziggler, je mérite d’être First Contender car je suis le champion en activité le plus ancien de la WWE.

– Moi, John Cena, j’adore Zack Ryder, je le suis sur Twitter, et je vous invite à en faire de même, woo woo woo you know it, bro!

 

 

Je ne suis pas très fan de ces matchs où l’un des catcheurs a quelque chose à gagner et l’autre non. Ici, les petits hommes bleus étaient bien moins motivés que leurs adversaires. Bon, ça n’a pas valu pour Sheamus, qui est toujours motivé pour défoncer des crânes, comme on l’a vu dans son match contre Ziggler.

 

 

– Créature, je t’autorise à battre ce misérable à mort!

Merci, maître Zack.

 

 

Mais pour les autres, il y avait un net déficit de détermination côté Smackdown, ce qui rendait les matchs a priori déséquilibrés. Cela dit, la situation fut intelligemment gérée dès le premier combat, qui opposait le Miz à Randy Orton en personne. Après quelques minutes de match, Wade Barrett se matérialisait sur la rampe d’accès au ring. Orton délaissait alors le Miz et se précipitait vers son rival anglais, offrant à l’Awesome une victoire par count-out. C’est compréhensible : Orton se fout de ce match, lui son but c’est de péter la gueule à Barrett. Normal donc qu’il abandonne la victoire au Miz. Malheureusement, il sembla se raviser une fois la fin du combat prononcée. Au lieu de continuer à courser Wade, il revint vers le ring, l’air contrit d’avoir eu match perdu. Un peu contradictoire, tout ça. Peu importe, Barrett sauvait la Miz à son collègue heel et attaquait Orton dans le dos avant de s’enfuir, poursuivi par la Vipère.

 

 

ORTON! Oublie un peu cet avorton de Miz, et essaie de me rattraper à la course si t’es un homme!

 

 

Del Rio était le suivant à s’illustrer. Il ne fit qu’une bouchée (allez, deux bouchées) d’un Daniel Bryan qui vendait les effets de son match en cage contre Mark Henry la semaine dernière. Le revoilà donc dans la Title Picture, mais s’il est toujours impeccable dans le ring, il semble éprouver les plus grandes difficultés à se hisser, au micro, au niveau voulu pour parader en main event.

 

 

– Ouille ouille ouille, ça fait mal, Alberto! J’abandonne!

– Déjà ? Merde, du coup ça me laisse plus de temps pour parler…

 

 

Car les adversaires de Del Rio dimanche en huit seront deux des meilleurs orateurs de la WWE, à savoir Punk et le Miz. Le segment de fin, consacré à la signature du contrat pour le WWE Title Match de TLC, mit cruellement en exergue la faiblesse de l’aristocrate dans cet exercice.

 

Comme Punk ne se priva pas de le souligner, Del Rio n’a strictement rien à dire. Il vaut mieux qu’il ferme sa gueule d’ailleurs, tant il est à côté de la plaque quand il l’ouvre. Ainsi de son intervention inaugurale. Miz et Punk venaient de se livrer à un concours de bites, chacun rappelant ses exploits récents ou plus anciens. Deux mâles alpha en train de se tirer la bourre. « Moi je suis le champion WWE en titre ! » « Moi j’ai envoyé Morrison et Truth à l’hosto ! » « Ah ouais, ben moi j’ai battu Cena à Money in the Bank ! » « Ah ben moi je l’ai battu à Wrestlemania ! » « Ben moi je suis le meilleur catcheur du monde ! » « Et moi je suis le most must-see champion in WWE history ! », etc. Et là, Del Rio prend le micro et leur dit…

 

« Arrêtez de pleurer comme des petites filles. »

 

Huh, what ?

 

Paie ta réplique inappropriée. Les deux mecs étaient en train de rugir à qui mieux-mieux, de montrer leurs muscles, de se la péter avec une arrogance maximale et Del Rio sort « arrêtez de pleurer ». Rien à voir avec la choucroute.

 

C’est comme si le pauvre Bébert avait une demi-douzaine de phrases dans son disque dur de heel, et en sortait une au hasard de temps en temps, sans se préoccuper de son adéquation au moment présent. Je lui en tiens rigueur, mais moins qu’aux bookers, qui devraient, depuis le temps, avoir identifié et réglé ce problème. Putain, mais c’est élémentaire !

 

« En un an à la WWE, j’ai tout gagné. Le plus grand Rumble de l’Histoire, le Money in the Bank, le titre WWE deux fois. Vous deux, vous avez mis des années à réussir ce que j’ai réussi dès le départ. L’explication est simple : je suis le meilleur. Je suis le fruit d’une éducation supérieure, je suis le meilleur athlète et le meilleur technicien, je suis un vainqueur et vous, vous êtes des losers congénitaux. Mais il s’est passé une chose récemment : j’ai perdu mon titre WWE contre toi, Punk. Parce que je m’étais endormi sur mes lauriers. Cela ne se reproduira plus. J’ai toujours été meilleur que toi, et tu as eu un coup de chance monumental le jour où tu m’as battu. Désormais, je suis encore plus dangereux. Un Alberto Del Rio averti en vaut deux. Vous le constaterez à TLC, où je rejoindrai mon destin et vous renverrai aux vôtres. » Un truc comme ça, ça s’écrit en deux minutes, ça se mémorise en cinq minutes, ça se prononce en une minute, et ça recrédibilise un tantinet Del Rio. Bien plus, en tout cas, que l’ersatz de promo qu’il a fourni lundi soir. Bon sang, sa dernière intervention s’est résumée à dire à Punk : « Punk… You’re gonna lose ! » Sans déconner, le mec qui se contente de ça dans le club de catch tourangeau de notre bien-aimé Saucisse, il se fait dégommer par le formateur, et à raison !

 

 

– Hey Bertie, t’es le mec le plus ennuyeux que la Terre ait jamais porté, t’as rien à dire, t’es un trou noir de charisme, une poignée de porte a plus de conversation que toi.

– Kchhh… Allez Alberto, remets-le à sa place… Kchhh…

– Heu… Heu… Toi-même, Punk!

– Kchhh… C’est bien Alberto, merci, kchhh… Maintenant donne le micro au Miz, veux-tu?

 

 

Le Miz, lui, n’a pas ces problèmes, et je m’apprête à me régaler quand enfin une vraie feud opposera en un contre un le Miz à Punk, ça vaudra son pesant d’or au micro, notamment question work-shoot. En attendant, le segment, illuminé par les « future endeavours » souhaités par Laurinaitis à Morrison (ce qui me permet de continuer de rêver que le successeur de Johnny Ace s’empressera de faire revenir JoMo), le segment, donc, a été plutôt rigolo. Le GM voulait une grande photo de famille, Punk voulait se battre, donc on s’est battu, et Miz et Del Rio ont terminé tous deux dans les décombres d’une table. Je reprends à mon compte, au sujet de cette rapide bagarre, le commentaire d’un reviewer de 411 Mania, que je me permets de citer en intégralité :

 

Something that really annoys me is people's opinion that Punk is the new Cena, this is so backwards! Sure it could look that way if you describe the end of Raw as him ‘Overcoming a two-on-one heel attack' but what really happened was he cheap-shotted the Miz and then when Del Rio was on him the Miz grabbed Del Rio for the Skull Crushing Finale, inadvertently saving Punk, and Punk took advantage. That is way different from the usual; two heels are beating down on Cena TOGETHER and then miraculously Cena gains the advantage and takes both guys out. That is the difference between the two; one's actions are actually fuelled by a sense of reason and reality, you can get the upper hand on two guys if you cheap shot them and take advantage of their in-fighting.

 

Je voulais le redire avec mes mots à moi, mais finalement le mec l’a très bien dit. Punk est un champion Face intelligent qui va savoir profiter de la moindre erreur adverse, alors que Cena est un champion Face bourrin qui va défoncer l’adversaire jusqu’à ce qu’il meure. La nuance est de taille, et le changement de style au sommet est bienvenu.

 

 

– Punk, salaud, on aurait dû le voir venir, que tu nous attaquerais! Nous on s’est pointés en tenue de ville, et toi en tenue de combat!

– Heu non Miz, je suis en tenue de ville, là.

 

 

Il n’y eut pas grand-chose d’autre de notable dans ce show, même si la WWE pense sans doute autrement. Ben oui, on a quand même eu droit à la diffusion du troisième épisode de la fameuse vidéo virale « It Begins », au beau milieu d’un clip en hommage aux Divas of Doom ! Et puis, on a assisté au premier match à la WWE de Kevin Nash depuis 2003 ! Et aussi à l’annonce du lancement du WWE Network !

 

Seulement, les trois moments sont tombés à plat. Nash, qui avait appris plus tôt de la bouche voluptueuse de David Otunga qu’il aurait à TLC un drôle de match contre Triple H (un Ladder Match avec un sledgehammer suspendu au-dessus du ring), massacra Santino en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. L’occasion cependant d’admirer le bestiau en action et de se dire qu’à 52 balais il porte encore carrément beau. Pas de bide flasque, des pectoraux bien dessinés, une carrure toujours aussi imposante… Mais toute façon, j’y peux rien, je suis incapable d’en dire du mal, je lui ai offert mon cœur en 1993.

 

 

Cuir, cuir, cuir moustache!

 

 

Quant à la diffusion de It Begins, avec son esthétique de court-métrage d’épouvante présenté en fin de première année à la FEMIS par un étudiant amateur de « films de genre », elle n’apporte rien de nouveau au schmimblik (pour ma part, je suis persuadé que c’est l’Undertaker, et j’invite ceux qui en doutent à se souvenir des promos « 2 22 11 » d’il y a à peu près un an, et des cris « Sting arrive ! » qui les avaient accompagnées). Surtout, elle a interrompu le premier clip en hommage aux Divas of Doom, et ça c’est drôlement énervant. Pour une fois que les filles sont à l’honneur dans une vidéo, celle-ci est torpillée. Tellement misogyne, ce mystérieux revenant, que je me mets d’un coup à me demander si finalement ça ne serait pas Vince McMahon…

 

Et le combat féminin du soir n’a pas redressé la barre, puisque Beth et Natalya perdirent contre Kelly et Eve. Et c’est Beth qui fit le job. Contre Kelly. Sur un roll-up. Alors que c’est Alicia la First Contender. Bref, passons.

 

 

Vous réjouissez pas trop, les gourdes. Le grand retour annoncé par la vidéo It Begins, c’est celui de Kharma.

 

 

Enfin, la pub épileptique censée nous donner une envie irrépressible de nous procurer le WWE Network a été plutôt foirée. Le WWE Network existe déjà, et ça s’appelle Youtube, les gars. Après, j’avoue éprouver une sorte d’excitation perverse à l’idée d’une émission de télé-réalité qui réunira sous le même toit des légendes de la WWE. J’espère seulement que y aura des personnages hauts en couleur. Je paierais assez cher pour voir l’Iron Sheik annoncer à Trish Stratus (ou à Koko B. Ware) « I’m gonna fuck you in the ass and make you humble ».

 

 

En même temps, une émission de télé-réalité où des légendes de la WWE cohabitent sous le même toit, c’est pas vraiment novateur comme concept.

 

 

Ce fut donc un show extrêmement curieux, centré sur la dynamique Cena-Ryder. Une dynamique à double tranchant, mais indéniablement passionnante à suivre. Cena a-t-il déjà, à son musculeux corps défendant, entraîné le plouc aimé du peuple du côté obscur ? Ou bien l’état de grâce qui accompagne le moindre pas, même le plus douteux, de l’ex-Edgehead va-t-il s’étendre à la superstar qui, telle un vampire, tente de sucer son énergie vitale ? Voilà la grande question du moment. À bien y réfléchir, c’est même l’illustration parfaite d’une année 2011 placée sous le signe de l’entremêlement du kayfabe et du shoot…

 

 

Salut à toi, public! Sais-tu de quoi ce W est l’initiale? C’est l’initiale de Woo woo woo, you know it!


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