Hello, I’m Johnny Cash

J'ai buté un mec à Reno, juste pour le regarder crever.

Johnny Cash

 

Où il est question de booking, de fantômes, de chevilles, de bières, de musique, de Full Metal Jacket, de Zorro, de valse, de Jean Lefebre, un peu de catch quand même, et d'apartés. Comment ça c'est le bordel?

 

 

(26 février 1932 – 12 septembre 2003)

 

 

Nalyse de Smackdown du 18 mars

 

J'ai buté un mec à Reno, juste pour le regarder crever.

Johnny Cash

 

Où il est question de booking, de fantômes, de chevilles, de bières, de musique, de Full Metal Jacket, de Zorro, de valse, de Jean Lefebre, un peu de catch quand même, et d'apartés. Comment ça c'est le bordel?

 

 

(26 février 1932 – 12 septembre 2003)

 

 

Nalyse de Smackdown du 18 mars

 

 

 

Avant d'entrer dans le vif du sujet, permettez-moi un petit aparté pour vous parler un peu, avec l'œil du passionné, de la nouvelle musique d'entrée du Taker. Bon, d'accord, je sais, c'est super gonflé, ceci d'autant plus qu'il ne se montrera pas ce soir, et que tel que c'est parti on ne verra ni lui ni HHH (qui a bien profité point de vue surcharge pondérale en tournant The Chaperone) lutter avant leur match à WM. Mais une musique de ce genre mérite à elle seule que les fans de catch que nous sommes se penchent dessus avec attention.

 

Johnny Cash occupe une place à part dans l'imagerie populaire américaine: l'homme en noir (pas ce magouilleur d'Ardisson, hein, le vrai) est une telle icône que les deux dernières fois que la WWE a fait appel à un musicien « hors du sérail », pour autre chose que le thème officiel d'un PPV, c'était Cash, avec Ring of Fire et celle qui va nous occuper un instant.

 

Et le choix n'est pas anodin: pour beaucoup, Cash est l'un des plus grands musiciens de l'histoire des États-Unis, membre du Rock'n Roll Hall of Fame, du Country Hall of Fame et  du Songwriters Hall of Fame . Une espèce d'âme de l'Amérique, en somme, qui ne pouvait que trouver un écho favorable chez les bons chauvins de la WWE. Mais réduire Cash à une figure patriotique serait une erreur complète: Cash aimait son pays, évidemment, mais plus que l'Amérique, il était épris du rêve américain, au point de vivre sa vie en la brûlant par les deux bouts.

 

Au début des années 2000, proche de la mort, il compose une série d'albums destinés à être posthumes, parmi lesquels  en 2003, quelques jours avant sa disparition, American VI, dont est issu « Ain't no grave », la nouvelle musique d'entrée du Taker. Il est atteint d'un mal incurable, il le sait, mais pour la postérité il veut laisser un ultime héritage. Il ne terminera jamais American VI, pourtant cet album sera sans doute l'un des plus émouvants de sa riche carrière, envahi qu'il est par la solitude, la mort, la peur, autant de données qui auront marqué une grande partie de l'œuvre de Cash, mais des angoisses apaisées par son nouveau statut de "born again christian".

 

Dans « Ain't no grave », de sa voix éraillée et fatiguée, il livre une espèce de requiem mélodieux, et l'on peut sans peine, en fermant les yeux, imaginer le fameux cowboy croquemitaine des légendes américaines, monté sur un bronco fatigué, approcher dans une lumière crépusculaire récolter les âmes des pistoleros qui ont trop joué avec le feu. Le lien avec l'Undertaker était évident, et grâces en soient rendues à la WWE, la chose étant d'autant moins sibylline, du reste, lorsque l'on met en parallèle le titre de la chanson et le sort réservé au Taker par l'actuel Core il y a quelques mois.

 

En forçant un peu le trait, on peut aller plus loin dans l'analyse: le Taker a une épaule totalement foutue, selon des propos récents de Diesel, et la suite de sa carrière serait plus que compromise. Avec cette nouvelle musique, cette musique de fin du monde, cette espèce de supplique caverneuse, est-ce qu'il ne faut pas anticiper cette fin pour Wrestlemania? Après tout, il n'est pas si difficile d'imaginer un HHH jaloux de l'aura légendaire de cette streak obtenir de beau-papa d'écraser cet ultime affront à son hégémonie sans partage. Mais interrompre la Streak serait la détruire, et surtout détruire sa portée, et je pense que VKM n'accorderait pas ça à son propre favori. Qui plus est, il était question récemment que HHH se retire, lui aussi, pour aller apprendre le métier auprès de VKM auquel il est appelé à succéder. Donc, pour WM, cette nouvelle Theme Song, associée à cette situation particulière, me fait anticiper un dénouement inattendu, qui du coup serait intéressant: un double count-out, ou en tous cas n'importe quelle solution qui ne ferait perdre ou gagner ni l'un ni l'autre. Pas de perdant, streak et honneur sont saufs, mais pas de gagnant, et deux figures qui quittent la fédération la tête haute…

 

Bien sûr, tout cela n'est que de la prospective, mais après des décennies à entendre ce « gong » du Taker, ce changement de musique ne peut pas être gratuit…

 

Ou comment Cash donne des pistes sur les échéances à venir.

 

 

Chapeau, Monsieur.

 

* * *

 

Wrestlemania approche à grands pas, deux semaines déjà, et le show débute par une entrée de Cole via la rampe. Disons-le tout net, j'ai trouvé la promo de Cole lors de Raw dernier, impliquant le fils de Lawler, parfaitement sordide (chacun a ses limites en terme de mauvais goût). Mais au moins, l'objectif est atteint: le travail d'écriture des bookers et  l'excellent boulot de Cole pour construire son personnage sont bien réels, mais ils sont devenus, en ce qui me concerne, superflus, puisque j'en suis revenu à un sentiment aussi primaire que jubilatoire. J'ai grande hâte de voir Lawler et Stone Cold démolir Cole, si possible sous les commentaires assassins de Jim Ross. Objectif atteint!

Il est agréable, parfois, d'en revenir aux valeurs les plus simples du catch, sans s'encombrer de kayfabe ou autre: détester Cole parce que son personnage est une ignoble enflure et The Miz parce qu'il est champion sans avoir jamais prouvé qu'il méritait de l'être. Tout cela est affaire de construction, évidemment. J'espère pour Cole qu'il n'est pas comme ça dans la vie réelle, et je pense que The Miz a quand même un niveau supérieur à ce qu'il montre. Mais la WWE réveille les bas instincts, les bonnes vieilles haines fondamentales qui habitaient le môme qui regardait le catch, tout en caressant aussi dans le sens du poil le suiveur devenu plus âgé et qui prenait son pied en voyant Austin chiquer des bières sur le turnbuckle. C'est quand même beaucoup plus classe que de vider des godets au PMU du coin, n'est-ce pas Axl?

 

Encore que…

 

Cole, donc, entrait dans sa Cole Mine, tout sourire de fennec dehors, sur fond de musique de Raw, ce qui donnait à l'ensemble un air de triomphe romain. Je vous assure qu'à cet instant, on entend distinctement dans sa tête, à la Orton, le sergent-instructeur Hartmann de Full Metal Jacket qui brâme: « je te donne trois secondes, exactement trois secondes, pour me virer ce sourire débectant que t'as sur la figure, sinon je t'arrache la tête, et je te chie dans le cou ». Ce qui est certes fort trivial, mais pas loin de la réalité.

 

C'est bien clair, salopard de lecteur?

 

Pas le temps de laisser vagabonder ces pulsions perverses, puisque le thème d'Edge retentit, pour annoncer un match contre Brodus Clay. J'ai déjà dit tout le bien que je pense de Clay, et à quel point j'espère qu'il fera carrière une fois ses gammes terminées, et ce soir encore il a livré un match solide: sans en faire des tonnes, ce qui est rare chez un monster heel, il joue bien de ses dons, comme un gabarit et une masse incroyables et un réel talent dans l'exécution des souplesses, et durant les 5 minutes du match il a également pu montrer un certain penchant pour la perversion, ce qui n'est jamais un mal. En face, Edge a adapté son arsenal à un adversaire vendu plus puissant que lui, misant sur ses qualités de vitesse et d'esquive. L'issue du match, d'ailleurs, ne manquait pas d'astuce: la semaine dernière, en tentant de placer un Spear sur Clay, Edge lui avait littéralement rebondi dessus. Cette fois, il a pris appui dans les cordes pour donner plus de vitesse à son assaut, lui permettant le tombé, et expliquant par là-même pourquoi cette fois-ci le colosse avait succombé à l'impact.

 

Riri, Fifi et Loulou ont pris de la burne non?

 

Évidemment, et sans surprise, le match dégénérait en bagarre générale, Del Rio s'en prenant à Edge, Christian s'en prenant à Del Rio, etc, jusqu'à ce que Long, toujours très créatif, organise un match entre Del Rio et Christian. Affiche alléchante, mais qui pouvait sentir le réchauffé, jusqu'à ce que le Manager annonce la stipulation: un match en cage. Tout à coup, l'annonce devenait beaucoup plus excitante: ces deux catcheurs, assez techniques et plutôt agiles, enfermés dans une cage, voilà qui promettait une confrontation inédite et attrayante.

 

Mais oui Cricri moi aussi je suis content de te voir…

 

Pas le temps de souffler, puisque Sheamus se présentait à SD pour y affronter Kingston, dans un Champion contre Champion. Le sort du titre US et de Sheamus me paraît quelque peu discutable: cela faisait un moment qu'un Bryan qui n'avait pas démérité n'avait pas défendu son titre en PPV, et le perdre ainsi en weekly pour redorer le blason d'un Sheamus écarté du WWE Title ressemblait un peu à une intervention divine (si vous voyez qui j'appelle dieu pour la circonstance). Ceci d'autant plus que pour Sheamus, cela reste malgré tout un bond en arrière, et pour Bryan, je ne vois pas bien ce qu'il va faire dans les semaines à venir: il y aura sans doute un rematch à WM, et c'est tant mieux, mais ensuite? Sur le chemin du WWE Title, il y a quelques topfaces qui semblent tout de même avoir la préséance sur lui: Cena, Orton, mais aussi Morrison qui ne va pas courir toute sa vie après le titre, avec tous les efforts et les matchs de feu consentis. Et même s'il faisait un heel turn, il trouverait The Miz et Punk, même amoindri par ses récentes storylines boueuses. Bryan paraît donc condamné à errer dans le upper midcard, dépossédé de son titre comme le premier R-Truth venu…

En tous cas, le match était assez plaisant, comme le sont souvent les oppositions entre un heel ultra puissant et un face très agile, chacun faisant un match propre mais sans génie, avec à la clé une victoire du rouquin arborant un beau sourire ensanglanté. Sans conséquence, pour être honnête sans intérêt, mais qui pourrait se plaindre d'un bon match?

 

Cherche bien, blaireau…

 

Le show continue, et on annonce un match pour un titre: pour l'instant, ce SD est bien construit, et plutôt haletant. Rien de bien original, encore une fois, tout est pour ainsi dire en place, mais le show est efficace, pourvu que cela dure.

En coulisses, donc, Show et le Truc Dément Rouge se toisent, s'évaluent, puis partent dérouiller du Core, en l'occurrence du Tag Team Champions, en se disant qu'ils se complètent bien. Un peu surréaliste, comme séquence, mais il faut admettre que Kane sait se montrer assez inquiétant quand il le veut bien. Quant à Show, c'est parce qu'il était à bout de nerfs qu'il avait opéré un face-turn… Rien n'interdit de penser qu'il va faire le chemin inverse après un « nervous brequedonne », comme dirait Jean Lefebvre.

Sans transition, comme dirait l'autre, Rhodes entre sur le ring pour y affronter Barretta, sur une nouvelle version de sa musique, plus sombre, un peu gothique, et assez intéressante. Encore une fois, Cody va catcher en costume de ville, ce qui est vraiment une idée visuelle intéressante. Rhodes, a priori, semble avoir l'opportunité de lancer sa carrière pour de bon, et il s'y prend bien. Si quelques-uns, parmi lesquels votre serviteur, trouvaient déjà que Rhodes était excellent dans le ring, ils étaient plus réservés au sujet de son gimmick de « Dashing ». Il avait livré quelques promos de premier choix, notamment en Angleterre, mais le fait est que le personnage manquait de consistance pour viser haut. En revanche, ce nouveau look de Fantôme de l'Opéra, version De Palma ou Schumacher, est une vraie trouvaille, qui permet à Rhodes d'alterner emphase et introspection et de révéler un vrai talent d'acteur, jusque dans sa gestuelle dans le ring de catcheur cabossé, perturbé, comme trainant une névrose dont le poids serait bien réel. Le match aura duré une minute, le temps pour Rhodes de squasher son adversaire, mais en cette minute, il aura nourri son avatar, avant de repartir, avec la satisfaction du devoir accompli, le visage dissimulé sous une serviette noire. Rapide, intense, un excellent segment, sans aucun doute.

 

Caramba, chuis coincé!

 

Encore un match? Orgie ce soir, puisque ce sont pas moins de 8 matchs qui sont à la carte, pour un total estimatif de 33 minutes. La seule question étant de savoir si les deux minutes du prochain match sont dignes d'être comptabilisées, tant ce match entre Layla et Kelly Kelly a été lamentable… K² a laissé sa vista récente aux vestiaires, et Layla, dont on vante tant les progrès, est définitivement beaucoup trop juste. Et se dire que ce sont ces deux insupportables péronnelles de Laycool qui vont représenter les Divas à WM, face à Snooki… On espérait une confrontation entre les deux, n'importe quoi pour apporter un peu d'intérêt, mais non, le duo de chipies échappées de Facebook « kikoolol » paraît avoir encore de beaux jours devant lui. Ce n'est pas comme si Phoenix, Gail Kim, Eve, Kong, Aj ou Naomi croupissaient en coulisses hein? Victoire de Layla « à la Laycool », rien à ajouter.

 

Youhouu! Donne-moi un Z!

 

Revenons à du vrai spectacle, et ce soir, donc, les deux sangliers dopés aux amphétamines affrontaient Justin et Heath pour le Tag Team Championship. Pour rejoindre Axl, je ne m'expliquerai jamais ces choix: quand, dans un groupe, on a Jackson, pourquoi met-on les deux crevettes comme Tag Team? Pourquoi pas l'une des deux avec le monstre? Et puisque Barrett ne parvient pas à récupérer un titre majeur, pourquoi Zeke n'a-t-il jamais sa chance? A son retour, on l'a vendu comme une powerhouse, et ceux qui le suivent depuis longtemps savent pertinemment que c'est le cas, et savent aussi qu'il peut livrer d'excellents matchs. Mais depuis, on ne l'a jamais vu catcher, à part des bouts d'interventions éparpillés de-ci de-là. Incompréhensible, et pour tout dire un vaste gâchis.

Retour au match: Show et Kane sont, pris séparément, de redoutables compétiteurs. En revanche, l'association entre deux ours slovènes paraît hasardeuse, tant il semble difficile qu'ils arrivent à produire de beaux moves communs. Sachant, en plus, que chacun des deux peut tenir tête à The Core individuellement, il ne restait aux champions en titre qu'à perdre sur disqualification pour conserver le titre, ce qui fut fait. Cette feud entre The Core et les deux géants n'apporte pas grand chose au programme, et devrait aboutir sur un match quelconque à WM, mais elle est tout de même bien construite. Après un match aussi court malgré quelques spots agréables, il était sensible qu'il n'était là que pour introduire le segment suivant, et bien évidemment, The Core entre sur le ring, et entame les hostilités: Wasteland de Barrett sur Show (bel effort, isn't it?), fracassage d'escaliers sur Kane, destruction des abords du ring avec le Show en guise de bélier, bon, je ne conteste pas le côté sportif, mais le fair-play laisse à désirer, et il est hautement improbable que les relations des deux factions s'améliorent dans les jours à venir… En tous cas, l'intensité et la durée de cet assaut, bien supérieures à celles du match en lui-même, montrent bien que le cœur de la confrontation ne se passait évidemment pas entre les cordes…

 

– Une couverture, ça?

– Heath, tais-toi…

 

En coulisses, Del Rio est mécontent: Long et Christian lui mettent des bâtons dans les roues, et il n'apprécie pas d'être enfermé comme un animal. Sobre, digne, incisif, l'aristocrate mexicain, le Don Diego de la Vega version connard: il a du mal à récupérer de la heat, mais ce n'est pas faute de talent…

Match suivant, et encore un utilitaire, avec Swagger qui démolit Masters, puis demande à Cole de placer l'Ankle Lock sur le MasterPiece. Je vous passe le ridicule de Cole tenant l'énorme jambe de Masters (mais je vous invite à voir la scène), en revanche je suis assez surpris par le manque de créativité de Cole au micro: en dehors de « Come on Lawler » et de « Make him pay », il ne semble pas avoir beaucoup d'imagination dans l'invective… Deux minutes, donc vite plié, mais un peu de regret pour Masters: semaine après semaine, il fournit du bon boulot à Superstars, a fait un excellent boulot à NXT, il a tenté de sortir un peu de son côté lisse, progressé au micro, et le public semble commencer à l'apprécier, mais rien n'y fait: le lowcard accueille tous les soirs le vaillant Chris à sa sortie du boulot… Il n'y a pas de place pour tout le monde, bien sûr, il faut aussi des lowcarders efficaces et il en est un, évidemment, mais Masters semble condamné à ajouter son nom à la liste des gâchis plus ou moins avérés…

 

Mais enfin ce mec peut tacler par télékinésie!

Qu'est-ce qu'il vous faut de plus?

 

Je parle rarement des segments de promo, mais il y a un début à tout: voir Jericho vanter les mérites de l'émission Dancing with Stars en annonçant qu'il allait « Break the waltz down », il y avait de quoi se la prendre et se la mordre: au lieu de faire des danses de salon, reviens, Chris, on a besoin de toi ici! Qui parlait de gâchis, déjà? En revanche, si quelqu'un a un lien pour voir sa performance, ça m'intéresse quand même. On est Jérichoolique ou on ne l'est pas…

La rencontre opposant Mysterio à DiBiase n'était pas mauvaise, c'était même un match très honnête (même si on peut se demander ce que DiBiase est venu faire à SD). Le seul problème, c'est que Rey devient extrêmement redondant dans le ring, ce qui implique une lassitude réelle. Il est toujours spectaculaire, même si personne n'arrivera à expliquer comment le 619 peut faire mordre la poussière à des géants, mais son catch devient de plus en plus stéréotypé, et c'est regrettable. Surtout que, dans le même temps, la WWE nous abreuve de vidéos sublimes pour annoncer la venue de Sin Cara, vidéos qui rendent parfaitement justice au talent immense de Mistico, dans un style tout aussi énergique mais plus nerveux et moins forain que Mysterio. A titre personnel, je bous d'impatience, surtout quand je vois la performance de ce soir, de celles où l'on peut annoncer à l'avance ce qui va se passer… Un match correct, donc, mais comme on en a vu pléthore de la part de Rey, et dont le résultat était assez prévisible: victoire, en réponse à celle de son adversaire de WM, Rhodes.

 

OK, lequel d'entre vous n'a PAS couché avec ma meuf?

 

 

Et enfin, enfin, le main-event, le steel cage match! 12 minutes avec deux lutteurs de haut niveau enfermés dans une cage, il était temps de voir ce que ce match allait donner, ceci d'autant plus qu'il pouvait constituer un match-référence pour Del Rio, de ces matchs qui permettent à un catcheur de montrer encore davantage l'étendue de son talent. J'avoue être toujours saisi d'une joie puérile quand je vois descendre la cage dans une atmosphère solennelle, tandis que le public retient son souffle. Pure mise en scène, mais efficace, qui mieux qu'un commentaire quelconque permet de ressentir la crainte qu'inspire cette structure au public, une crainte mêlée du désir de voir les lutteurs aller au bout de leurs forces et se mettre en danger.

La victoire s'obtenant par tombé, soumission ou évasion, les solutions étaient nombreuses pour les deux protagonistes, qui ont tenté chacune, permettant de multiplier les spots et les actions de classe, ceci d'autant plus qu'ils n'ont pas oublié que la cage est un outil pour empêcher les interventions extérieures, certes, mais aussi un outil qui peut blesser, cruellement parfois. Si l'on ajoute à cela que l'alchimie entre les deux hommes a été excellente (comme dans chaque match impliquant Christian, soit dit en passant), et que chacun a montré sa résistance en encaissant un voire plusieurs finishers adverses, même le redoutable killswitch, on comprend bien que ce match fait partie des très bons de ce premier trimestre, et qu'il faut vraiment avoir la curiosité d'y jeter un œil.

 

Merci mon brave, vous êtes bien urbain.

 

La fin du match a vu les deux hommes suspendus hors de la cage, accrochés au grillage, chacun essayant d'empêcher l'autre de tomber et donc de remporter la victoire (ce qui est inhabituel donc rafraichissant), jusqu'à ce que finalement ce soit Christian qui l'emporte. Jolie victoire de prestige dans ce match pour le Canadien, victoire que bien évidemment le Mexicain n'allait pas prendre de bon coeur, entamant dans l'instant un beatdown des familles sur le compère d'Edge, et annonçant le même sort à son rival du WHC. Seulement, le Ultimate Opportunist a d'autres projets: un klaxon se fait entendre, et Edge regarde avec tendresse la voiture de Del Rio. En gros, s'il continue à s'en prendre à Christian, Edge fracassera la voiture de Dos Cojones… Perdu dans sa promo, Edge ne voit pas Clay arriver, et Edge doit à son tour endurer la furia des deux acolytes, jusqu'à ce que les arbitres les séparent.

 

C'est pas la Bentley du patron: c'est la mienne!

 

 

* * *

Difficile de juger ce SD, en fait. Certes, rien n'a avancé, les bookers ont presque trop bien travaillé en plaçant tout trop tôt. Mais avec 8 matchs, dont certains fort agréables, un gros volume de catch et finalement très peu de promos si l'on excepte les inévitables « rebounds » vers Raw, on comprend vite que l'objectif était tout autre: une fois, justement, les candidats connus, il convenait de les mettre en valeur, ce qui fut idéalement fait. Tous sont apparus à leur avantage, sans jamais se croiser, construisant à chaque fois davantage leur personnage ou le combat à venir. A Raw, le problème est différent: tout le monde sait que Cena ou Orton sont surpuissants à en être intouchables (il suffit de voir la grotesque destruction du New Nexus, nouvelle usine à gaz refilée à Punk), que Punk justement est un excellent heel ou que The Miz est un tricheur prêt à tout mais un tricheur dangereux… Donc peu besoin de catch, mais bien de promos, pour placer les enjeux. A SD, les profils sont plus nébuleux: ceux qui en ont besoin ont eu des promos (comme Del Rio), ceux qui n'ont plus grand chose à prouver étaient en roue libre (Edge), et les autres ont fait le boulot pour se placer comme des candidats valables et surtout légitimes, dans un roster où chacun a ses favoris et vit évidemment mal la mise à l'écart des dits favoris sans bonne raison, ce qui nécessite, entre autres, une hiérarchie claire.

Donc, un très bon SD, qui atteint idéalement son but, pas nécessairement le SD le plus rutilant ou le plus inventif que l'on ait vu, mais un bel exemple de booking maitrisé, et un show qui de toute façon par son rythme trépidant aura été un excellent moment de divertissement!

 

Et merci.


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