A l’WWEst, rien de nouveau

The blues has got a hold of me,
I believe I’m gettin’ dizzy.

ZZ Top, My head’s in Mississippi

 

ZZ Top se la joue pépère, CM Punk se la joue père la morale, les losers éternels traînent leur spleen sur le ring… bref, un weekend tranquillou comme un vieux blues avant d’aborder un pay-per-view potentiellement cataclysmique.

 

 


Les vrais rockers laissent leur guitare bander à leur place. Oh yeah.

 

 

Analyse de Smackdown du 17 et de Raw du 20 juillet


The blues has got a hold of me,
I believe I’m gettin’ dizzy.

ZZ Top, My head’s in Mississippi

 

ZZ Top se la joue pépère, CM Punk se la joue père la morale, les losers éternels traînent leur spleen sur le ring… bref, un weekend tranquillou comme un vieux blues avant d’aborder un pay-per-view potentiellement cataclysmique.

 

 


Les vrais rockers laissent leur guitare bander à leur place. Oh yeah.

 

 

Analyse de Smackdown du 17 et de Raw du 20 juillet

 

On avait écrit la semaine dernière que le concept de guest host à Raw nous avait séduits dans la mesure où il représentait un courant d’air frais dans l’atmosphère viciée du show du lundi. Mais ça ne fonctionne qu’à la condition que le guest host en question se sente un minimum concerné, ce qui n’était clairement pas le cas des ZZ Top lundi dernier. Leurs segments backstage avaient sans doute été enregistrés un peu plus tôt, et sont tombés encore plus à plat qu’un splash de Primo. Et si les barbudos, plus semblables que jamais à des Nains de chez Tolkien, ont daigné apparaître devant la foule en fin de soirée à Raw, ils n’ont ni parlé en live avec les catcheurs, ni joué le moindre morceau. Bref, ils étaient venus faire paresseusement la pub pour leur tournée de vieux beaux avec Aerosmith, point barre. Là aussi, ils feront du playback?

 

 


Si Ric Flair et Jerry Lawler mettent encore des peignées aux jeunes blancs-becs, y a pas de raison que des groupes qui étaient au top il y a trente ans ne remplissent pas les stades.

 

 

Santino Marella ne peut pas tout faire. Les talents comiques de l’Italien ne sont plus à démontrer, mais une fois déguisé en ersatz de Gibbons et Hill et voué à quelques pénibles séquences d’air guitar, il ne pouvait pas sauver des segments comiques tournant essentiellement autour des titres des chansons des bluesmen texans. Jericho et Chavo ne s’en sont pas mieux sortis, et ce sont finalement les Divas, illustrant « Legs » de leurs interminables compas sans prononcer un mot, qui ont le mieux résumé le principal dénominateur entre le catch et le rock à l’ancienne: le culte phallocrate des belles nanas muettes. On se serait cru dans un clip de ZZ Top, c’est dire.

 

 


Kelly Kelly n’a pas attendu ZZ Top pour vivre selon le principe « Sois belle et tais-toi ».

 

 

Pour ce qui est des storylines, rien de globalement nouveau cette semaine, si ce n’est deux éléments: d’abord, la confirmation du face turn d’Edge à son retour, via une attaque en bonne et due forme de Jericho sur sa personne estropied, sur le thème « t’es l’hommme de verre, tu te blesses tout le temps, honte sur ta face ».

 

 


Ca va Edge, bien assis, t’es sûr? Va pas te faire une crampe à la fesse, tafiole!

 

 

Ensuite, la décision de balancer toute la midcard de Raw dans le combat pour le titre US, avec ce lundi un combat à six qui se termina comme de juste sur une scène de désolation, le Big Show restant seul debout, au milieu de ses adversaires morts ou agonisants, à la Conan le barbare. Ou à la gros bébé pas content.

 

 


Mais heu, ils sont tout cassés les Playmobil!

 

 

Ah, on a aussi revu The Brian Kendrick, mais vu ce qu’il a pris, on aurait préféré apprendre qu’il est détenu en otage dans une grotte en Somalie. Kendrick, l’un des jeunes catcheurs les plus électrisants de la Fédération, candidat au titre de champion de la WWE il n’y a pas si longtemps, n’a pas pris la bonne échappée, celle des Morrison – Ziggler – Kingston. Lui squatte au fond du peloton, et est ressorti du formol tous les 36 du mois pour jobber face à des clowns: ses derniers matchs, il les a livrés à Hornswoggle, Santino et Jerry Lawler, 59 ans. Chaque fois, il a été humilié. La cause de ce traitement serait, selon des rumeurs insistantes, son amour pour l’herbe qui fait rigoler. Pendant ce temps-là, on peut s’injecter du Viandox directement dans les muscles sans jamais se faire mettre à l’amende, n’est-ce pas, Triple Baticena?

 

 


– Je suis The Brian Kendrick, putain! Donnez-moi un combat! Je suis la star de demain!
– Mais oui, bien sûr… Fous le camp d’ici, hippie, sinon le King ici présent te fout dehors lui-même!

 

 

Chavo Guerrero, ex-champion de l’ECW, réside sur la même planète que Kendrick, celle des talentueux voués aux tâches honteuses. Troisième combat de suite contre Hornswoggle, troisième défaite de suite, avec cette fois, en plus, le bonheur de se retrouver désapé jusqu’au calbut par les petites mains moites du nain insatiable.

 

 


Le grand retour des nains voleurs de slips.

 

 

Ricky Ortiz, sans posséder de grand passé à la Fédération, est directement passé à la case jobber humilié. C’est très fort. Doté d’une gimmick débile dont la foule se moque éperdument, il a cette fois balancé plusieurs serviettes dans le public, interrompu les sauts épileptiques de Layla (en plein face-turn ponctuel, vu qu’on était dans sa ville de Miami, où elle a longtemps dansé pour le Heat local), tenu un discours absurde et pris un vent. Merci champion, et à bientôt dans les poubelles de l’Histoire.

 

 


A chaque catcheur son objet de merchandising. Pour Rey Mysterio c’est le masque, pour Jeff Hardy c’est la brassière, pour Ricky Ortiz c’est le kleenex usagé.

 

 

Le dernier mousquetaire de la bande, c’est en ce moment ce brave Jesse, ex-cornac du trisomique Festus, à présent livré à lui-même, et surtout aux Cryme Tyme, qui s’amusent comme des petits fous à lui faire subir diverses humiliations qui nous feraient presque croire qu’ils ont lu les Désarrois de l’Elève Toerless. Réduit à incarner un mauvais rappeur blanc (par opposition aux bons rappeurs blacks que seraient les CT), Jesse termine alternativement dans un cagibi ou une poubelle, l’imagination des gars de Brooklyn étant proprement illimitée. Prions pour qu’une gimmick de p’tit blanc psychopathe à la Michael Douglas dans Chute Libre l’attende au bout du tunnel.

 

 


B.E. Deux N. Y. Bi!

 

 

Un mot enfin de R-Truth, booké très étrangement: il semble en plein push, mais perd clean contre Kane (pourquoi ne pas le faire gagner, en profitant d’une distraction de Khali?) et surtout nous assomme d’une nouvelle vignette de son Ca comique, Pretty Ricky, un mélange de débile et de freak dont l’unique plaisir est de faire peur aux gens dans la rue en les saluant. On sait pas ce que sniffent les bookers de la WWE en ce moment, mais ils feraient mieux de réduire les doses.

 

 


Je suis une célébrité, sortez-moi de là!

 

 

Côté grandes stars, il n’y a pas eu de bouleversements. A Raw, on a eu droit au millième épisode de Legacy / CenaHHH, agrémenté de parlotes inutiles et redondantes, comme toujours.

 

 


Le lundi soir, c’est sacré: les Legacy sortent entre potes et cassent la gueule à Triple H.

 

 

A Smackdown, ce fut bien mieux, avec un Punk qui poursuit méthodiquement sa critique du mode de vie hardyen, et qui se paie même le luxe de mettre over son futur challenger, l’excellent Morrison, dans un très bon combat. Notre inspirateur Kevin Eck estime que si Punk va si loin dans l’évocation des errements passés de Jeff (suspendu deux fois par la WWE pour usage de drogues récréatives, tandis que Punk, lui, est aussi clean que Christophe Bassons et Thomas Voeckler réunis), c’est parce que la WWE veut préparer le public au départ imminent de Jeff: il est impossible de lui faire faire un heel turn, mais autant insister à mort sur ses aspects supposément sombres et honteux.

 

 


Accusé Hardy, le 24 janvier 2009, vous avez consommé une bière entière au bar de l’hôtel Best Western de Tucson, Arizona. Le 27, vous avez fumé deux cigarettes et bu un whisky au pub le Guilthy’s de San Francisco, Californie. Le 29… ah, le 29. Le fameux jour de la double téquila au Tex Mex d’Albuquerque, Nouveau-Mexique!!!

 

 

On en saura peut-être plus dès dimanche sur le sort de Hardy, mais l’identité du prochain candidat au titre de champion poids lourds est toute trouvée: John Morrison a vaincu une nouvelle fois le champion en titre (et lui a encore tendu la main, oubliant apparemment que dans la même configuration il y a deux semaines, il s’était mangé un Go to Sleep; ou alors peut-être qu’il aime ça). On est ravis du push de Morrison, mais on regrette un peu que son personnage n’ait pas plus d’étoffe: le beau gosse sympa, ça va deux minutes, mais faudrait creuser un peu, d’autant que le garçon a démontré au temps du Dirt Sheet un solide sens de l’humour et de la mise en scène.

 

 


– Alors John, on va se le faire, ce karaoké?
– Navré, mais on ne se fait pas de karaoké au Palace of Wisdom.

 

 

De son côté, Ziggler, qui a catché dans le main event du soir et dont le match pour le combat IC est confirmé au prochain pay-per-view, marche sur l’eau en ce moment, si bien qu’il peut même se permettre de snober royalement la belle Maria, qui ne lui en tient pas rigueur. Dans le ring, il est parfait; au micro, il est relativement bon, comme l’a montré sa confrontation avec Mysterio à Superstars (une excellente scène, hélas diffusée lors du confidentiel Superstars et nom à Smackdown, qui devait garder du temps d’antenne pour les inestimables segments Word Up et Pretty Ricky); il est jeune, motivé, et semble s’être déjà assuré le Slammy de « Breakout Superstar of the Year » 2009, en attendant sans doute mieux.

 

 


Ouais, je t’accompagnerais bien dans le vestiaire des filles, mais là tout de suite faut que j’aille me passer du beurre dans les cheveux, @+

 

 

Jericho ne l’a pourtant pas (encore?) intronisé partenaire pour Night of Champions (voir par ailleurs notre papier sur ce sujet). Plus que jamais, Y2J est le meilleur dans sa partie: qu’il balade ses costards à Smackdown ou à Raw, qu’il affronte Rey Mysterio ou Mark Henry, qu’il se retrouve backstage avec Rhodes et DiBiase (auxquels il adresse plusieurs sublimes œillades méprisantes) ou avec les ZZ Top (et il se mue alors en fan transi), cet homme est parfait. Sa diatribe sur Edge, dont il a pointé du doigt la faiblesse physique qui se manifeste par de nombreuses blessures, alors que lui, Jericho, n’a jamais été blessé, était la seule possible pour justifier qu’il se détourne de son ex-partenaire et, comme d’habitude, a été effectuée de main, ou plutôt de bouche, de maître. Espérons seulement que Jericho ne suive pas la même voie que son compatriote: lui aussi est sur-utilisé, courant de show en show, et ça ne va pas s’arranger s’il conserve le titre par équipes, car celui-ci peut être défendu partout… Agé d’un an de plus que Lance Armstrong, Y2J a intérêt à faire franchement gaffe à son rythme. Il est beaucoup trop précieux pour qu’on envisage de nous passer de lui dans les shows futurs!

 

 


– Si je peux me permettre, t’es un peu débraillé là, milord.
– Tu vas d’abord soigner cette mauvaise peau, après tu te permets, mon garçon.

 

 

Quelques mots, enfin, des divas, bizarrement bookées ce weekend. On n’a pas vu en action les championnes et leurs challengers, ni à Smackdown ni à Raw. Vendredi, la diva qui a le plus impressionné a été Natalya, peut-être la vraie force de la Hart Dynasty, qui a étalé Eve d’une superbe corde à linge vrillée pour la victoire de la famille rose sur Cryme Tyme et leur copine du moment. Pour le reste, McCool et Melina faisaient relâche, Maria est aussi accro à Dolph que nous, Layla se rappelle de ses heureuses années de pompom girl… Bref, Natalya profite du désert pour monter un peu dans la courte hiérarchie de SD.

 

 


Tyson, c’est une coquille que t’as dans le slip ou t’es juste content de me voir?

 

 

A Raw, on a eu un « Legs » Match, faisant suite au Bikini Match de la semaine précédente. Prétexte invoqué: une chanson célèbre de ZZ Top s’appelle « Legs ». Heureusement qu’ils n’ont jamais fait de tube intitulé « Pussy ».

 

 


Quoique.

 

 

Ce fut donc un match par équipes, dont la caractéristique essentielle était que les filles étaient en mini-short, ce qui ne change pas grand-chose. Constats: Gail Kim, toujours coincée dans la midcard (signe qui ne trompe pas, l’équipe qu’elle composait avec Kelly Kelly est entrée en scène sur la musique de cette dernière), va finir par déprimer; Rosa et Alicia font des efforts, c’est déjà ça; et Kelly, ben Kelly a de longues jambes.

 

 


Hé mais… elle aussi, elle a de longues jambes! Elle est peut-être moi!

 

 

La challenger Mickie James a eu droit à une interview live, suprême honneur, et en a profité pour balancer plusieurs vacheries sur Maryse, et renvoyer sur les roses un Miz qui passait par là. Finalement, la Québecoise a fait son apparition, et là, ce fut rude pour Mickie: la grande blonde élancée, sans un mot, a aspergé de quelque spray acide la petite brune boulotte, comme si celle-ci était un insecte immonde à tuer sans pitié. Scène violente à plusieurs niveaux, et qui confirme que Maryse n’est jamais aussi marquante que lorsqu’on ne la laisse pas parler.

 

 


Tabernak, un pou!

 

 

Finalement, pour reprendre l’analogie zztopienne si chère aux scripteurs de Raw, on n’a pas eu un weekend endiablé à la La Grange, mais plutôt bluesy à la Fool for your stockings. C’est pas plus mal pour un concert, mais plus discutable pour des émissions de catch. En attendant le Shaq next week, on prend prétexte de notre grand âge et de nos longues barbes pour vous recommander, lecteurs, si vous en avez l’occasion, les albums Tejas (1977) et surtout Deguello (1979), perles de blues-rock sudiste assez cradingue, largement supérieures aux galettes sans âme que le Top enchaîna par la suite, comme les dispensables Afterburner et Recycler. Eh ouais, ZZ Top, c’est comme la WWE, le Tour de France, l’école et le shit: c’était mieux avant.

 

 


Allez, Fidel, on a bien déliré, maintenant faut se casser.
– OK, t’as raison Oussama.


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